A la une

  • NATION

    photo

    Les organisateurs de la Conférence nationale lors de leur dernier point de presse

    Conférence nationale : Jour J

    par Joël Sylvain Rasamoely | 13/09/2010

    (MADA.pro) Organisée par les « Raiamandreny mijoro » (une entité indépendante de la société civile) et financée par l’Etat, la Conférence nationale s’ouvre aujourd'hui à Antananarivo avec 2000 participants environ. Les trois quarts de ces participants seront issus des « Dinika santatra », réunions préparatoires organisées dernièrement à travers tout le pays, à raison de 12 délégués par district. Les autres composants essentiels de la rencontre seront les représentants de près de 200 partis et associations politiques ainsi que ceux d’une multitude d’organisations de la société civile.

    Pendant six jours (du 13 au 18 septembre), la Conférence nationale statuera, entre autres, sur le projet de Constitution qui régira la 4e République. Ce dernier sera soumis au référendum du 17 novembre prochain, si cette échéance est maintenue.

    A ce propos, le Comité consultatif constitutionnel (CCC) qui aura pour mission de rédiger le ou les projets de Constitution à soumettre au referendum, a indiqué qu’il n’a aucun projet de Constitution préétabli. Mais c’est à partir des résolutions de la Conférence nationale qu’il pourra sortir un ou plusieurs textes.

    Pour y parvenir, le CCC soumettra aux participants un questionnaire fort de 138 questions sur la Constitution qu’ils souhaitent. Ces questions ont été regroupées en 17 rubriques. Celles-ci concernent notamment la forme et la révision de la nouvelle Constitution, le préambule, la forme de l’Etat, les institutions, l’exécutif, le législatif, les rapports entre le gouvernement et le Parlement, le pouvoir judiciaire, la Haute cour de justice, la Haute cour constitutionnelle, la Commission électorale nationale indépendante (CENI), l’opposition, les collectivités décentralisées, le contrôle des élus et les dispositions transitoires. Les réponses les plus attendues concernent entre autres des points comme le caractère fédéral ou non de l’État, le caractère strict ou relatif de l’indépendance de la justice, la présence ou non de personnes nommées par le Président de la République au sein du Sénat...

    Le questionnaire se présente également comme une orientation des discussions… afin que les participants se concentrent sur l’essentiel du sujet.

    Il faut dire que, le CCC sera présent à la conférence nationale, que ce soit au niveau de la commission de la Constitution ou dans le cadre des assemblées plénières, pour apporter les explications techniques nécessaires en fonction des réflexions des participants en la matière.

    Les trois mouvances de l’opposition dirigées par les anciens présidents Didier Ratsiraka, Albert Zafy et Marc Ravalomanana ne participeront pas officiellement à la conférence nationale. Elles estiment qu’une telle rencontre ne pourra avoir lieu que dans un contexte apaisé, garantissant une réelle liberté d’expression et marqué notamment par le retour des anciens présidents Ravalomanana et Ratsiraka.

    Mais, il faut dire que plusieurs partis et associations politiques composant chacune de ces mouvances participeront à la réunion. C’est que, avant la tenue de ces assises nationales, le mouvement des partis de l’opposition est divisé. A l’instar des organisations de la société civile qui ne parlent plus d’une seule voix. En fait, toutes les principales entités qui se sont impliquées dans la recherche de la sortie de crise, ont été contaminées par le virus de la division.

    Selon Madagascar Tribune, la perspective de la tenue de la Conférence nationale a indéniablement accéléré une décomposition du paysage politico-social du pays : il y a ceux qui estiment qu’elle est maintenant légitime et ceux qui pensent plutôt que ce ne pourra être qu’une redite infructueuse des rencontres précédentes organisées sous le régime actuel.

    Ainsi, selon Actumada par exemple, la mouvance Zafy s’affaiblit considérablement avec le départ du groupement de partis politiques « Hery politika mitambatra » ou HPM à la veille de la conférence nationale. Si l’on en croit en effet les affirmations de ce dernier, 23 sur les 28 partis qui composent cette mouvance ont décidé de rejoindre les rangs de ceux « qui n’épousent plus les positions de l’ancien chef d’Etat et qui ont décidé de s’en écarter ».

    Actumada écrit en outre qu’avec ce nouveau clash, ajouté à celui de Raharinaivo Andrianatoandro et de ses partisans qui ont divorcé d’une manière retentissante d’avec le TIM et donc d’avec la mouvance Ravalomanana, « on se demande quel poids peuvent encore avoir les trois mouvances dans l’échiquier politique malgache ». Et d’ajouter : « Pourquoi la communauté internationale continue aveuglément d’y faire référence alors que finalement, la notion des trois mouvances n’est plus qu’une coquille vide ? »

    Par ailleurs, l’organe de presse ajoute à la liste la défection de certains partis politiques comme le Parti fédéraliste de Madagascar (PFM), dirigé par Henri Lecacheur qui était pourtant lui-aussi parmi les militants les plus actifs des trois mouvances. Ce dernier n’a d’ailleurs pas mâché ses mots pour en fustiger la position de l’opposition, dans un autre quotidien de la place. « Les conditions posées par les trois mouvances, a-t-il déclaré, auraient bien pu être discutées lors du forum politique de Vontovorona (…) Nous avions fondé beaucoup d’espoirs dans cette rencontre, or, les trois mouvances sont arrivées, elles ont posé leurs conditions et sans prendre la peine de discuter, elles ont claqué la porte (…) Je pense que l’heure n’est plus aux discussions inutiles, d’autant que ce sont ceux-là même qui ont tout fait capoter qui demandent à revenir à la table des négociations. Pour nous PFM, des personnes comme celles des trois mouvances n’ont aucune envie de résoudre les problèmes qui sévissent actuellement à Madagascar. Si elles ne veulent pas s’associer aux autres partis politiques pour trouver une solution à la crise, c’est simple, qu’elles restent dans leur coin ! ».

    Avec une partie des protagonistes de la crise malgache qui ne participera pas à la Conférence nationale, les observateurs se demandent ce matin si celle-ci pourra malgré tout être considérée comme souveraine.

  •  

     

Imprimer Retour

 

pub

 

pub

 

pub

 

pub