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    Raharinaivo Andrianantoandro, président du Congrès de la Transition

    Un opposant notoire à la tête du Congrès de la Transition

    Par Joël Sylvain Rasamoely | 17/10/2010

    (MADA.pro) La photo du journal La Vérité qui illustre cet article montre Raharinaivo Andrianantoandro qui vient d’être élu président du Congrès de la Transition (CT) par 140 voix sur 238 votants c'est-à-dire presque 60% des suffrages exprimés. En accédant au perchoir du Palais de Tsimbazaza, l’opposant notoire a réussi à rendre la chambre basse acquise à l’opposition modérée. Et ce, grâce notamment au soutien des… tenants du pouvoir. Cette situation laisse donc supposer que le Congrès pourrait devenir un terrain d’échange et d’entente entre les différents protagonistes de la crise malgache. Le leader de l’aile dissidente du TIM, ancien parti présidentiel crée par Marc Ravalomanana, peut donc sonner la fin de la récréation.

    L’élection de Raharinaivo Andrianantoandro a suscité de nombreux articles de presse. C’est ainsi que La Vérité explique le succès de celui-ci en ces termes : « Le résultat entre parfaitement dans la logique des choses, vu le fait que les membres issus du parti TIM au sein du Congrès de la Transition sont au nombre de 52, les autres sensibilités regroupées au sein de « les As » 7 et le HSPM 7. Entre ces trois entités, sans parler du choix des autres camps, la victoire du TIM ne laisse place à aucune surprise. Ni l’ESCOPOL disposant de 62 sièges, ni le TGV fort de ses 52 sièges n’a prévu de proposer son propre candidat. Et il est donc ainsi clair que ces deux entités majoritaires au sein du Congrès ont voté pour Raharinaivo Randrianantoandro, au moins l’une d’entre elles ».Et de préciser : « Ainsi, l’ancien Questeur de l’Assemblée nationale a pu venger la série d’humiliations qu’il a subie venant de Marc Ravalomanana. Après être tombé de son piédestal en tant que président national du TIM, il avait également perdu son poste de Questeur 1 de l’Assemblée nationale à son deuxième mandat. Non seulement Raharinaivo Randrianantoandro revient à l’Hémicycle de Tsimbazaza mais il en sortira la tête haute, après avoir accompli sa mission en tant que président de cette Institution ».

    Pour sa part, La Gazette de la Grande Ile explique le succès du président du CT en écrivant: « Lors de l’élection du président du Congrès de la Transition, le régime de transition avait le choix entre l’ouverture politique et l’unité nationale. En «autorisant» la victoire du TIM Raharinaivo Andrianantoandro, il a opté pour la première alternative. (…) En installant un « opposant » à la tête d’une institution de la transition, le régime se donne un air consensuel et peut adresser un appel du pied en direction de la communauté internationale ». Le quotidien évoque en outre le parcours du président du CT: « Chef de file du TIM «rallié», Raharinaivo Andrianantoandro est censé représenter la mouvance Ravalomanana. En fait, l’homme a connu une disgrâce croissante au sein même de son parti, puisque ce Tiko Boy fut au départ, en 2002, le président national du TIM, puis il fut écarté et remplacé en 2004, par Solofo Razoarimihaja. Tous d’ailleurs se souviennent qu’il y a trois mois, le fondateur du TIM Marc Ravalomanana a désigné ses mandataires officiels dans l’île, Fetison Rakoto Andrianirina et Mamy Rakotoarivelo. Ce qui a accentué le mouvement de marginalisation dont est victime Raharinaivo Andrianantoandro. Incarne-t-il encore le TIM ? On ne le sait, mais le régime mise sur lui pour dire que le processus est conforme à la consigne d’inclusivité, donnée par la communauté internationale. Si la SADC, mandataire de la communauté internationale dans le règlement de la crise malgache, se laisse séduire, le cheminement pourrait déboucher sur la reconnaissance internationale. Mais il y a loin de la coupe aux lèvres… En tout cas, Raharinaivo Andrianantoandro tire un avantage direct de sa présence au perchoir du CT : il se met à l’abri du harcèlement judiciaire dont il a été victime ces derniers mois. Jeté en prison, en septembre 2009, pour divers chefs d’inculpation, il vit son hypertension artérielle et son asthme s’aggraver dangereusement. Il bénéficia d’une liberté provisoire et sortit de prison très diminué. Bénéficiant maintenant de la sollicitude du régime de transition ainsi que d’une sorte d’immunité parlementaire, il est à l’abri de toute mauvaise surprise ».

    Ce point de vue est partagé par le journal Les Nouvelles qui estime : «Soutenu par l’ESCOPOL, le TIM, le TGV et l’UDR Changement, Andrianatoandro Raharinaivo a été élu président du Congrès. Un tel accès au trône de la chambre basse de la Transition pourrait arranger son cas et celui de ses pairs ». Et d’ajouter : « Force est de remarquer que cet accès d’Andrianatoandro Raharinaivo à la tête du Congrès permettrait d’ouvrir et de fermer certaines opportunités. Il est en effet à rappeler que ce numéro un des congressistes dispose d’un dossier litigieux auprès de la Justice concernant les bombes artisanales. L’audience devait se dérouler jeudi dernier mais a été reportée. Et voilà, ce premier homme du Congrès aurait la chance d’échapper aux éventuelles sanctions prononcées par la Cour criminelle ordinaire à son encontre grâce à l’immunité parlementaire dont il bénéficie depuis le 13 octobre, date à laquelle la session du Congrès a été ouverte officiellement. (…) Par ailleurs, l’accès d’un membre du TIM à la présidence du Congrès serait une chance pour certains de faciliter la résolution de leur cas. Etant donné qu’il appartiendra au Parlement d’adopter la loi sur l’amnistie, Marc Ravalomanana pourrait-il bénéficier de cette opportunité ? Cependant, la chance peut être réduite en ce que certains partisans du TIM et notamment cet ancien chef de l’Etat ne reconnaissent plus Andrianatoandro Raharinaivo comme un des leurs ».

    Dans cette perspective, l’Express de Madagascar avance : «Avec près de 60% des voix lors du vote, Raharinaivo a théoriquement une quasi mainmise indiscutable sur l'Assemblée, donc sur les grandes décisions et orientations à venir. Surtout avec des questions aussi épineuses que l'amnistie qui ne fait pas, pour l'instant, partie de ses priorités ».Et le journal de préciser : « Le nouveau président du Congrès de la transition, a défini ses priorités, à savoir, la création du Comité pour la réconciliation nationale, la préparation des élections, l'application des résolutions de la conférence nationale. L'amnistie n'est donc pas qualifiée de « priorité pour sortir de la crise ».

    De son côté, Midi Madagasikara se contente de dire : « L'ancien député d'Ambohidratrimo a gagné après avoir inculqué chez les congressistes du TIM dissident et du TGV que son élection conduira à la reconnaissance internationale des autorités en place. Bon nombre d'observateurs attendent donc après le vote la déclaration de la communauté internationale ».

    L’on comprendra les propos restreints de Midi Madagasikara quand on sait que ce journal est dirigé par la femme de Mamy Rakotoarivelo. Se trouvant actuellement parmi les rares hommes de confiance de l’ancien Président Marc Ravalomanana, celui-ci a été porté l’an dernier à la tête de l’Assemblée nationale transitoire à l’issue des négociations de Maputo. Mais, en raison du blocage du processus pour le dénouement de la crise, il n’a fait qu’un tour au Palais de Tsimbazaza et puis, s’en est allé ! Se référant à cette péripétie, Madagascar Tribune titre son article: «Raharinaivo Andrianantoandro à la place de Mamy Rakotoarivelo ». Et le quotidien d’écrire : « Quelque part, le plan de Maputo qui affectait à ce poste un Mamy Rakotoarivelo, ancien député élu du TIM IIIe Arrondissement de la capitale, a été repris et corrigé. Et les gouvernants pensent que la communauté internationale va reconnaître le processus surtout que la marche vers les urnes est présentée comme irréversible ».

    Comme on le voit, la presse locale ne cesse de scruter la position de la communauté internationale après les différentes péripéties politiques de ces dernières semaines, visant au règlement de la crise politique par des arrangements malgacho-malgaches. A l’instar de celui qui est de mise au Palais de Tsimbazaza.


    PLUS D'INFOS: La liste des membres du Congrès de la Transition

     

     

     

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