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    Le groupe Mahaleo . Assis au milieu: Raoul

    Le groupe mythique Mahaleo est privé de Raoul pour toujours

    par Joël Sylvain Rasamoely | 07/09/2010

    (MADA.pro) « Le groupe Mahaleo au complet ! ». Ce sont les termes qu’utilise souvent la célèbre formation malgache, spécialisée dans le folksong, pour rameuter ses fans lors de ses représentations. Mais, dès son prochain spectacle, Mahaleo n’utilisera plus un tel procédé. C’est que, un de ses membres ne remontera plus sur scène. Il s’agit de, Rasolosolofo Razafindranoa, plus connu sous l’appellation de Raoul, qui est décédé dans la nuit du vendredi à samedi à Toamasina. Atteint d’une maladie cardio-vasculaire, celui-ci s’est éteint dans l’ambulance qui l’évacuait sur l’hôpital.

    Agé de 59 ans, Raoul est le grand frère de Dama, le leader de Mahaleo. Il était un des auteurs-compositeurs-interprètes du groupe. Ses compositions, comme « Miodinkodina letsy », « Hiaraka isika », « Somambisamby », « Very remby », « Fanambadiana », « Politika » ou «Raha noana ny kibo», ont connu d’énormes succès. Ce sont des chansons à textes, le plus souvent engagées, dont il interprétait merveilleusement avec sa voix grave .

    Pour rendre un dernier hommage à Raoul, une semaine de veillée publique lui est consacrée de Toamasina (où il travaillait en tant que médecin), à Ambatofinandrahana (où il se reposera pour l’éternité) en passant par Antananarivo (où se recrute la majorité des fans de Mahaleo) et Antsirabe (où le groupe s’est constitué en 1972).

    La presse évoque aujourd’hui la place importante occupée par Raoul dans le monde de la chanson malgache. C’est ainsi que Les Nouvelles mentionne: « L’affliction causée par la disparition de Raoul frappe plus d’un. Elle ne touche pas uniquement les membres du groupe Mahaleo, ni ses confrères et consœurs artistes, mais tous les citoyens et les inconditionnels du folksong malgache en particulier. Ainsi, ce n’est pas uniquement le cercle culturel malgache qui est en deuil mais tous les mordus de ce style et les amateurs de la bonne musique du pays ».

    Le même quotidien parle de Raoul dans un autre article en ces termes: « Nous avons apprécié la gravité de ta voix et étions rassurés par la force tranquille que tu dégages sur scène. Quand tes copains prennent leur souffle durant les concerts marathon qui vous sont si familiers, tu nous tiens en haleine avec tes chansons si engagées et parfois même si enragées mais que tu nous distilles avec une sérénité certaine qui force l'admiration. Et dans nos moments d'incertitudes, de doutes, d'interrogations et de faiblesse, ta voix résonne indéniablement au beau milieu de la nuit comme celle d'un grand frère qui nous accompagne, qui nous comprend, qui compatit mais qui nous pousse à aller de l'avant. « Asio siramamy », « Voankazo voarara », « Ekena re », « Tsindry hazo lena », « Levaly », « Moa ve », « Tiana ve », « Tontolo iainana », « Raha tsy ho eo intsony aho » et bien d'autres, nous bercent avec des mélodies mélancoliques, nous interpellent sur les injustices et les iniquités du système social, nous éduquent à être vigilant et nous cultivent à ne pas baisser les bras ». Et d’ajouter : « A t'entendre, l'idéalisme, le militantisme et la fibre sociale qui bouillonnent en toi nous apaisent plus que nous inquiètent. Certes, comme tout être humain, tu es bourré de défauts et d'imperfections, mais ta discrétion et ton humilité imposent le respect. Raoul, avec tes frères de Mahaleo, tu n'es pas seulement un chanteur, ni un médecin dévoué, tu es le grand frère sur qui les milliers de fans ont pu compter. Tu as forgé notre personnalité, habites notre inconscient collectif et fais partie de notre patrimoine culturel. Maintenant tu sembles être parti si loin, alors que tu es devenu si proche de nous. Tu laisses tes potes continuer ce que vous avez commencé. Tu n'appartiens plus au groupe Mahaleo, tu nous appartiens. Merci pour tout. " ….Raha toa ka malahelo, raha toa ka mamelovelo, antsoy aho intelo hamafa ny alahelo …."

    A l’étranger, Sobika s’exprime ainsi : « Les Mahaleo sont devenus de telles légendes vivantes qu'on en avait oublié qu'ils étaient des hommes. Mais Raoul, ce n'était pas n'importe quel homme : c'était avant tout un médecin, un médecin social même, et un homme doublé d'une grande sagesse. Il faut le voir philosopher dans le film « Mahaleo » pour comprendre que Raoul, c'était le grand sage du groupe. Ce n'était pas le plus connu, ce n'était pas celui que l'on mettait en avant, mais c'était celui qu'on écoute au sein du groupe. C'est un esprit libre qui a quitté la terre pour d'autres cieux, mais personne ne l'oubliera à travers les chansons du groupe ».

    De son côté, la Gazette de la Grande Ile écrit : « Raoul est parti pour un monde meilleur. Pas la nôtre. Qui l’aurait crû ?... Nous l’avions vu, il y a peu de temps, joyeux et bon vivant. Seulement, quoi qu’on dise ou qu’on pense, il y a un Bon Dieu qui a sa raison qu’on ne comprend pas toujours. Peut-être bien que cet Être que nos vénérons tous aurait-il besoin d’un troubadour « inspiré » pour faire rêver ses saints ? »

    Raoul a laissé une veuve et comme orphelins les membres de son groupe mythique qui a su rester au sommet du monde musical malgache durant près de quatre décennies. Ce sont les talentueux Dama, Dadah, Nono, Bekoto, Fafah et Charles. Dorénavant la légende dira qu’au départ, les Mahaleo étaient au nombre sept Mais aujourd’hui, ils ne sont plus que six…

    PLUS D'INFOS. Un livre de poche sur Mahaleo (Bibliomada)

    REVUE DU WEB. Dernier hommage des Tananariviens à Raoul (Madagascar Tribune)

     

     

     

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