A la une

  • ENLEVE IL Y A QUATRE JOURS

    photo

    Le site de la mine d'uranium d'Arlit

    L’otage malgache du groupe terroriste Al-Qaïda s’appelle Jean Claude Rakotoarilalao

    Par Joël Sylvain Rasamoely | 20/09/2010

    (MADA.pro) On connaît maintenant le nom du Malgache qui a été enlevé dans la nuit du mercredi à jeudi à Arlit, au nord du Niger. Il s’agit de Jean Claude Rakotoarilalao. Celui-ci se trouve dans ce pays africain depuis maintenant quelques années. Il a été enlevé en même temps que six autres personnes dont un Togolais et cinq Français. Les sept otages sont tous des collaborateurs de SATOM, filiale de VINCI, et d’AREVA.

    Leader mondial de l’énergie nucléaire, AREVA est un groupe industriel français employant plus de 48 000 personnes. L’entreprise est présente au niveau international avec un réseau commercial dans 43 pays. Ses activités sont essentiellement liées à l'énergie nucléaire (construction de réacteurs, exploitation nucléaire, propulsion nucléaire, transport des matières radioactives...) mais aussi, dans une moindre mesure, d'autres formes d'énergies (éolienne...). En 2009, Areva a réalisé un chiffre d’affaires de 8, 5 milliards d’euros et obtenu un résultat net de 552 millions d’euros.

    Selon le journal français Le Figaro , AREVA possède un département dédié à la sécurité de ses cadres qui, d’après un expert en sécurité, est l'un des plus sérieuses parmi les quarante grosses entreprises françaises. La protection de ses salariés est l'une des priorités de l'entreprise. Ce département assure la formation et la sensibilisation des expatriés avant le départ. Il est également en relation avec une quinzaine de «coordinateurs de protection», souvent d'anciens militaires, répartis par zone géographique. Ces agents sont la courroie de transmission entre le siège social de l'entreprise et le terrain. Ils font remonter les informations lorsque la situation géopolitique se durcit. Ils organisent également la sécurité des cadres expatriés sur le terrain, grâce à un carnet d'adresses composé de contacts gouvernementaux, de militaires, mais également de gardes du corps privés.

    Selon le pays concerné, l'assistance aux expatriés peut aller de la simple voiture avec chauffeur -on parle de «mesures de niveau 1»-, jusqu'au véhicule sécurisé avec gardes du corps. On parle alors de «niveau 3», le plus haut degré de protection. Les salariés d'AREVA qui arrivent en Irak ou au Niger sont ainsi pris en charge dès la descente d'avion et conduits à leur hôtel à bord d'une voiture blindée. Ils bénéficient d'une protection 24 heures sur 24.

    Mais, comme on vient de le constater, les moyens importants mis en place par le groupe nucléaire ont été pris en défaut sur le terrain. Pour l’heure, VINCI et AREVA affirment qu’ils sont mobilisés et travaillent à la libération de leurs collaborateurs en liaison avec les autorités nigériennes et françaises.

    Dès l’annonce de l’enlèvement de Rakotoarilalao, le gouvernement malgache a immédiatement réagi. Ainsi, le Premier ministre a envoyé, jeudi après-midi, une lettre à son homologue nigérien, Mahamadou Dandja. Dans cette missive, le général de brigade Camille Vital a invité ce dernier à « bien vouloir déployer tous les moyens nécessaires, pour obtenir la libération des otages ».

    Par ailleurs, le ministère malgache des Affaires étrangères a recommandé à l’ambassadeur de Madagascar auprès du Sénégal de suivre de près cette affaire.

    A l’heure actuelle, les médiateurs n’ont pas encore réussi à établir de contact avec les ravisseurs et aucune revendication n’a été reçue. Notons que l’enlèvement a eu lieu dans une région d’exploitation d’uranium où Al Quaïda au Maghreb islamique (AQMI) est très actif. Aussi, tous les observateurs s’accordent-ils pour dire que c’est ce groupe terroriste qui est probablement l’auteur de l’enlèvement. Interrogé sur Europe1, le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a évoqué vendredi la piste d’AQMI . Cette organisation qui avait en outre enlevé fin avril l’humanitaire français Michel Germaneau avant d’annoncer son exécution fin juillet.

    Ce n’est pas la première fois que le groupe nucléaire français voit ses employés ainsi kidnappés au Niger. On se souvient qu’en 2008 quatre salariés d’AREVA avaient été enlevés par des insurgés touaregs du Mouvement des Nigériens pour la Justice (MNJ), non loin d’Arlit et les quatre cadres avaient été libérés quelques jours plus tard en bonne santé avec ce message adressé à la France « l’exploitation de nos ressources minières ne saurait se faire continuellement alors que les populations autochtones sont exclues, sinon sous-employées par votre société ».

    Pour certains analystes, l’hypothèse d’une autre piste, celle du crime crapuleux n’est pas à exclure car cet enlèvement aurait pu être commis par des bandits qui voudraient monnayer au prix fort la libération de ces otages.

    A ce propos, Afrique Actu souligne qu’il est vrai que des prises d’otages qui finissent bien de fois par le paiement de fortes rançon, ont donné beaucoup d’appétit aux ravisseurs. On se souvient du rapt le 29 novembre 2009 des Espagnols Pascual Roque et de Albert Vilalta qui ont recouvré la liberté grâce au paiement d’une demi-dizaine de milliards de francs. Dans ce contexte, l’organe de presse écrit: « En attendant, il faut parer au plus pressé. Et on ne doute aucunement que le président Compaoré qui a déjà à son actif la libération de l’Espagnole Alicia Gomez, le 10 mars 2010, des Italiens Sergio Cicala, et son épouse Philomène Kaboré le 16 avril 2010, des Espagnols Pascual Roque et Albert Vilalta le lundi 23 août 2010, actionnera de nouveau ses réseaux, afin que les derniers otages du Niger puissent aussi respirer à pleins poumons l’air de la liberté ».

     

     

     

Imprimer Retour

 

pub

 

pub

 

pub

 

pub