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    Marc Ravalomanana jugé et condamné par défaut

    L’ancien président Marc Ravalomanana est condamné aux travaux forcés à perpétuité

    Par Joël Sylvain Rasamoely | 28/08/2010

    (MADA.pro) Le verdict est tombé au petit matin ce samedi : l’ancien président Marc Ravalomanana a été condamné aux travaux forcés à perpétuité par la Cour criminelle ordinaire d’Antananarivo. Il a été reconnu coupable de meurtre et de complicité de meurtre au cours du procès des auteurs d'une tuerie, en pleine effervescence politique, dans le centre-ville de la capitale malgache le 7 février 2009.

    Ce jour-là, la garde présidentielle, dissimulée, avait tiré sans sommation sur une foule qui se dirigeait vers le Palais présidentiel d’Ambohitsorohitra abritant l’un des bureaux de l’ex-chef d’Etat, alors inoccupé. Le carnage a fait au moins une trentaine de morts et plus d’une centaine de blessés.

    Le procès de cette affaire a débuté jeudi dernier. Il s’est terminé aujourd’hui samedi vers 5 heures du matin. Exilé en Afrique du Sud après son renversement, Marc Ravalomanana ne s’est pas présenté au tribunal. De plus, il n’a pas eu de défenseur, les avocats de la défense ayant préféré quitter le prétoire dès le premier jour d’audience. Ces derniers ont estimé qu’il y avait « violation flagrante des droits de la défense ».

    A noter que bon nombre d’observateurs ont par ailleurs estimé que l’ancien homme fort de Madagascar ne pouvait être jugé que par une Haute cour de justice, à l’instar des autres hauts dirigeants du pays qui pourraient être traduits en justice. Prévue dans les textes depuis près de trois décennies, cette haute juridiction n’a pas été mise en place par les différents chefs d’Etat qui se sont succédé à la tête de la Grande Ile. Aussi, lorsqu’il était encore au pouvoir, Ravalomanana a-t-il déjà fait traduire en justice et condamné des ministres et d’autres hauts dirigeants malgaches par des juridictions ordinaires.

    L’ancien chef d’Etat n’a donc pas pu se défendre personnellement ou par le truchement de ses défenseurs. D’où sa condamnation par contumace et la peine maximale qui lui a été infligée.

    Des dix-huit autres co-accusés dans le procès, quatorze ont également écopé par défaut d’une peine de travaux forcés à perpétuité. Parmi eux, le Général Raoelina, en fuite, qui est considéré par les enquêteurs comme le donneur d’ordre lors de la tuerie de l’année dernière.

    Par contre, le principal accusé dans l’affaire, en l’occurrence Ralitera Andrianandraina, (ancien responsable de la sécurité à la Haute Cour Constitutionnelle) est sorti libre du Palais de justice d’Anosy. En détention préventive à la Maison de force de Tsiafahy, il a pu s’expliquer devant la cour. Les arguments avancés par ce dernier ont convaincu le tribunal qui l’a condamné à une légère peine avec sursis.

    Apparemment, cette affaire semble ne pas avoir d’incidence notable sur le déroulement de la médiation malgacho-malgache en vue de sortir le pays de la crise politique. En effet, les partis et associations politiques se retrouveront lundi à Votonvorona pour poursuivre leur réunion qui a débuté mercredi. Et ce matin, lors du meeting quotidien au Magro de Behoririka des partisans de Marc Ravalomanana, l’orateur de service .n’a pas manqué notamment d’indiquer que la mouvance de l’ancien chef d’Etat est disposé à poursuivre les négociations en cours.

     

     

     

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