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    Le Musée de Madagascar possède une façade de belle allure

    Musée de Madagascar à Montélier: un établissement unique en son genre en Europe

    Par Richard Claude Ratovonarivo | 01/10/2009

    (Mada) Un couple mixte a implanté, dans le sud de la France, un important lieu d'exposition permanente destiné aux arts et traditions malgaches.

    Montélier, petite ville française située près de Valence, dans le Drôme, abrite le Musée de Madagascar. Cette appellation n'est point usurpée car ce dernier est entièrement consacré à la Grande Ile. C'est un établissement privé, unique en son genre en France voire en Europe.

    Situé en bordure de route et jouxtant un grand parking dans un quartier verdoyant et paisible, ledit musée est un établissement nouvellement construit, assez imposant et résolument moderne. Il possède une façade principale de belle allure. Quant à l'intérieur, il est vraiment spacieux, suffisamment éclairé et bien agencé.

    Les salles ouvertes au public occupent une superficie de 800 m2. Ici est conservée, exposée, mise en valeur une importante collection d'œuvres d'art et d'objets d'intérêt culturel, en provenance de la Grande Ile. Les différentes pièces qu'on y trouve ont été choisies pour leur beauté, leur rareté, leur caractère curieux ou leur valeur documentaire.

    Le Musée de Madagascar a été fondé il y a quarante-deux ans par la Malgache Suzy Cérézo née Chandoutis Razafindramady et son époux français Jean-Pierre. A sa création, il a été installé à Saint Donat. Dans ce village de la Drôme, le couple a acquis une vieille ferme inhabitée et en mauvais état. Il a dû y effectuer d'importants travaux pendant trois longues années « avec les moyens de bord et dans des conditions difficiles, surtout durant la saison hivernale en raison de l'inexistence des moyens de chauffage ».

    Selon les Cérézo, « transformer des écuries en musée n'a pas été chose facile mais l'importante surface que nous avons pu en dégager méritait toutes les peines du monde ». De ce fait, ils sont restés vingt ans à Saint Donat. Cependant, après cette longue période, le musée a dû fermer ses portes. L'application des nouvelles normes de sécurité européennes les obligeait à tout démolir et à tout reconstruire.

    Les Cérézo ont alors dû se rabattre sur un grand bâtiment de 500 m2 qu'ils ont loué à Chabeuil, petite ville située à une trentaine de kilomètres de Saint-Donat. De nouveau, ils ont dû investir pour effectuer des travaux d'aménagement. Mais, le nouveau local s'est vite avéré inadapté. Au terme de trois ans d'exploitation, dans de mauvaises conditions, il a fallu se résoudre à une nouvelle fermeture.

    C'est alors que la décision de s'installer à Montélier, à quatre kilomètres de Chabeuil, a été prise. La municipalité de cette ville propose de louer au couple un bâtiment neuf de 800 m2 qu'elle vient de faire construire. C'est ainsi que, au terme de travaux d'aménagements intérieurs ayant nécessité un nouvel investissement financier, le musée a ouvert ses portes à son adresse actuelle en septembre 2003. Son inauguration a été rehaussée par la présence d'une pléiade de personnalités issues de la mairie de Montélier, du conseil général, du conseil régional et du consulat malgache à Marseille.

    Dans ses locaux actuels, le Musée de Madagascar est fréquenté en moyenne par 6000 visiteurs par an. Selon les maîtres des lieux, cette fréquentation pourrait atteindre les 10 000 entrées annuelles si une campagne publicitaire est entreprise. « Mais nous n'en avons pas les moyens, précisent-ils. Etablissement privé, le musée ne perçoit aucune subvention. Durant ses quarante-deux ans d'existence, il a uniquement fonctionné grâce à ses ressources propres ». Ce sont essentiellement les prix des billets d'entrée et les recettes des ventes réalisées par la boutique du musée.

    L'idée de créer le Musée de Madagascar revient à Mme Suzy Cérézo lors de son installation en France, il y a plus d'une quarantaine d'années. Collectionneuse, celle-ci a ramené de Madagascar tout un tas d'objets de collection allant des timbres postes aux cartes postales en passant par maints objets rares qu'elle a dénichés depuis son enfance au Zoma, grand marché à ciel ouvert d'Antananarivo, ou auprès de divers artisans.

    Destinés avant tout à un usage personnel, ces objets de collection sont par la suite devenus les premières pièces du musée à la suite des circonstances fortuites. A ce propos, Mme Cérézo raconte : « Peu après mon arrivée en France, j'ai exposé des tableaux que je peignais. Ces derniers montraient des paysages de Madagascar et des scènes de la vie quotidienne dans les campagnes malgaches, tels que je les avas gardés dans ma mémoire. A chaque exposition, j'ai décoré les salles d'exposition avec des objets d'art malgache issus de ma collection personnelle. J'ai alors remarqué que mes expositions de peinture avaient un aspect plus attrayant pour le public. A tel point que j'ai pu en organiser plus de 200 dans de nombreuses villes et localités ». Et de poursuivre : « A la longue, je me suis lassée des expositions itinérantes d'autant que c'était vraiment fatigant. Tirant les leçons de cette expérience, j'ai décidé tout bonnement d'ouvrir un musée consacré à Madagascar ».

    Guidant elle-même les visiteurs, Mme Cérézo s'est rendu compte bien vite de ses lacunes. D'autant que, en général, ces derniers sont avides d'informations fournies sur les coutumes, les traditions et l'art à Madagascar. Et les scolaires sont d'une curiosité insatiable. « Parfois, dit-elle, les questions des visiteurs m'embarrassaient. C'est que, on a beau être une Malgache, mais on ne peut pas tout connaître de son pays ! ».

    Afin de pouvoir mieux informer les visiteurs, Mme Cérézo effectue, depuis 1974, des voyages annuels à Madagascar. Ainsi, pour se documenter, elle a parcouru en taxi-brousse toutes les régions de la Grande Ile. Ces fréquents déplacements sont par ailleurs mis à profit pour acquérir de nouvelles pièces et pour se ravitailler auprès des artisans malgaches en différents articles qui seront vendus dans la boutique du musée.

    C'est ainsi que le Musée de Madagascar s'enrichit régulièrement de nouvelles acquisitions. Et sa boutique reste toujours bien achalandée.

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