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    Didier Randriamanantena alias Didier Mada BD

    Didier Mada BD: un habitué du festival d'Angoulême

    Par Joël Sylvain Rasamoely | 16/02/2011

    (MADA.pro) Le Festival international de la bande dessinée d'Angoulême a pris fin. Installé en France depuis huit ans, Didier Randriamanantena est un habitué de cette grande manifestation annuelle où il a déjà obtenu un prix il y a quelques années. Portrait de ce dessinateur malgache qui a opté pour le pseudonyme Didier Mada BD.

    Il s’appelle Didier Randriamanantena ou Radidy pour les intimes. Mais, il préfère par-dessus tout le pseudonyme Didier Mada BD.

    Cette préférence s’explique par le fait que celui-ci est originaire de Madagascar. D’où le choix du diminutif « Mada ». Il est par ailleurs un dessinateur de bande dessinée. D’où l’adoption de l’abréviation « BD ».

    Installé en France depuis 2003, Randriamanantena, 43 ans, commence maintenant à être connu dans les milieux du 9ème art à l’étranger. C’est que, depuis huit ans, il a participé à plusieurs festivals européens de BD. Ainsi, il a été invité en 2008 à la 20ème édition du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême. Didier Mada BD est, en fait, un habitué de cette grande manifestation annuelle. Il y a été même primé en 2006.

    « J’aime me rendre au festival d’Angoulême, a-t-il précisé, car c’est le plus important festival de la bande dessinée au monde. Il me permet notamment d’échanger des expériences avec des bédéistes confirmés et célèbres, venus d’horizons divers. Il me permet aussi de rencontrer des éditeurs ou autres commanditaires ». Et d’ajouter : «Angoulême sert également de tremplin voire de baromètre pour les bédéistes en quête de notoriété internationale comme moi. Si vos albums s’y vendent bien, cela signifie que les connaisseurs et les passionnés de la bande dessinée commencent à vous connaître et à apprécier ce que vous faites. A ce sujet, je suis quelque peu rassuré : mes albums se sont bien vendus cette année à Angoulême ».

    Autodidacte talentueux, Didier Mada BD a néanmoins pu, entre 1993 et 2003, se former et se perfectionner en matière de bande dessinée. Il a ainsi participé à de nombreux ateliers organisés par les centres culturels français d’Antananarivo et du Gabon. Les animateurs étaient notamment les dessinateurs français Christian Cailleux, Barly Baruti, P’tit Luc, Cheret et Huo Chao Si, ainsi que le scénariste réunionnais Apollo.

    A l’issue de cette formation étalée sur dix ans, Didier Mada BD est devenu un bédéiste complet. C’est que, il peut désormais assurer toutes les activités liées à la création en matière de bande dessinée. «J’ai la chance d’être un artiste polyvalent, a-t-il indiqué. Je suis un scénariste qui s’occupe du découpage de l’histoire racontée, de la rédaction des dialogues, et enfin, de la description des vignettes intégrant les dessins et les textes. Je suis ensuite un dessinateur qui s’attelle à la mise en page des planches où sont ordonnées les vignettes, à la réalisation des esquisses au crayon et des dessins définitifs à l’encre de Chine. Je suis enfin un coloriste qui utilise l’aquarelle ou travaille sur ordinateur ».

    Didier Mada BD a par ailleurs trouvé sa voie. Il opte pour trois styles différents : réaliste, semi-réaliste, caricature. Il réalise aussi bien des planches en noir et blanc qu’en couleurs. Mariant avec subtilité le texte et l’image, il ne se cantonne plus à des sujets traditionnels tels que l’Histoire, l’aventure et l’humour. Mais s’ouvre aussi à des thématiques plus « contemporains », à caractère informatif voire pédagogique. « La bande dessinée, a dit Didier Mada BD, s’est imposée comme un formidable moyen d’expression universel et en phase avec notre époque ».

    Le dessinateur malgache fait aussi de la peinture (à l’huile, gouache, aquarelle…), du portrait (au crayon, à l’encre de Chine, au pastel). Sans le moindre dilettantisme, semble-t-il !

    Depuis son arrivée en France, Didier Mada BD n’arrête pas de produire des planches et des planches d’histoires illustrées, en malgache, en français et en italien. Une vingtaine ont été jusqu’ici publiées. Dans des albums en solo ou collectifs, des journaux ou des magazines. Mais ce dessinateur prolifique possède encore dans ses tiroirs quelque trente-huit histoires en attente d’édition. Et aussi d’expositions car, il faut le préciser, Didier Mada BD n’arrête pas d’exposer ses œuvres ici et là. Ce sont des manifestations culturelles qui lui permettent d’aller à la rencontre du grand public. Afin de vendre et de dédicacer ses albums. Et également de dialoguer avec ses lecteurs.

    Pédagogue, Didier Mada BD tient à partager ses connaissances et son savoir-faire. C’est ainsi que, avant de venir en France, il a exercé le métier de professeur de dessin dans des établissements scolaires d’Antananarivo.

    Soucieux de l’avenir de la bande dessinée à Madagascar et cultivant l’esprit d’équipe dans sa corporation, Didier Mada BD a fondé en 1996 l’association Mada BD Kolontsaina. Cette dernière réunit des jeunes bédéistes malgaches de talent. Elle publie des albums collectifs. Elle organise également à Madagascar des festivals et autres manifestations afin de, d’une part, favoriser une plus grande diffusion de la bande dessinée locale dans la Grande Ile et, d’autre part, faire éclore des vocations bédeistes.

     

     

     

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