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    Fredy Jaofera est parmi les poètes contemporains, originaires de Madagascar, les plus édités.

    Fredy Jaofera : un poète lyrique par excellence

    Par Richard Claude Ratovonarivo | 02/07/2011

    (MADA.pro) Fredy Jaofera est un poète originaire de Madagascar, installé en France. Il porte à peu près le même nom que Fredy Rajaofera, grand poète malgache et ancien académicien, aujourd'hui disparu. Mais, l'homme de lettres n'a pas usurpé le nom de son illustre (presque) homonyme. C'est que, il signe tout simplement ses poèmes par ses prénoms. Son nom étant Rakotomalala. Quoi qu'il en soit, cette ressemblance n'est sans doute pas fortuite car celui-ci n'est autre que le petit-fils du défunt Fredy Rajaofera.

    Selon FredyJaofera, l'œuvre de son aïeul l'a beaucoup marqué. « J'ai voulu, dit-il, devenir un homme de lettres comme mon grand-père et lui succéder ». C'est ainsi que, à douze ans, il écrit ses premiers poèmes. Il aborde alors des sujets graves, tirés de l'observation de la vie quotidienne. A tel point que ces premiers poèmes s'apparent plutôt à ceux écrits par un adulte qu'à un enfant. « Mon penchant à évoquer les choses de la vie, aussi pénibles soient-elles, est dû au fait que j'ai eu une enfance malheureuse. J'ai perdu ma mère à l'âge de trois ans. Mon enfance, ainsi que celle de mon jeune frère, a par ailleurs été marquée par une mésentente familiale qui a mis plusieurs années avant de s'arranger ».

    Adolescent, Fredy Jaofera se met à écrire des poèmes d'amour axés tour à tour sur la séduction, l'union et la séparation. A l'âge adulte, il reste un adepte de l'exaltation des passions amoureuses. Ses pairs le considèrent d'ailleurs comme « un poète lyrique par excellence ». C'est que, il a toujours exprimé avec une certaine passion ses sentiments personnels. Mais, Fredy Jaofera ne se cantonne pas à exprimer l'amour sous toutes ses coutures. Loin s'en faut ! Depuis le début de sa carrière littéraire, il a abordé tous les sujets.

    Il faut dire que l'homme des lettres est prolifique. « Jusqu'ici, se plaît-il à souligner, j'ai écris plus d'un millier de poèmes dont 40 % en français, 40 % en anglais et 20 % en malgache ». Et de préciser : « J'ai écris en français car c'est la première langue que j'ai acquise pendant mon enfance, loin de mon pays d'origine. J'ai écris en anglais puisque je suis devenu professeur de la langue de Shakespeare. J'ai par ailleurs eu l'occasion d'effectuer un long séjour en Grande-Bretagne. Homme de Dieu, je suis sortant de la Soon Bible Course of England où on peut approfondir les connaissances bibliques. D'ailleurs, je suis aussi prédicateur laïc de la FPMA ou l'église protestante malgache en France. Enfin, j'ai pu écrire en malgache car j'ai fait l'effort nécessaire pour maîtriser ma langue vernaculaire une fois revenu à Madagascar ».

    En malgache, Fredy Jaofera privilégie les poèmes avec des rimes. C'est ainsi qu'il compose des sonnets, constitués de deux quatrains et de deux tercets, et soumis à des règles fixes pour la disposition des rimes. « Pour moi, commente-t-il, un poème en malgache ne peut être que rimé. Il est ainsi assujetti aux règles de rythme et de musicalité propres à la poésie. Autrement, il sonne mal à l'oreille ! ». Par contre, pour ses écrits en français et en anglais, le poète adopte les vers libres.

    En raison de cette approche, il n'est jamais venu à l'idée de ce poète de traduire ses poèmes dans les trois langues qu'ils maîtrisent.

    Au début, Fredy Jaofera a jalousement gardé pour lui ses poèmes. C'est seulement à 21 ans, après la mort de son père, qu'il en a commencé la publication dans la presse malgache. Le premier d'entre eux, intitulé Ry dada, est un hommage rendu à son père. A 22 ans, il a sorti à Antananarivo son premier recueil intitulé Ny hafatro. Par la suite, il a distillé son œuvre poétique dans sept ouvrages collectifs édités par deux cercles littéraires de la Grande Ile dont il est membre. C'est dire que Fredy Jaofera est parmi les poètes contemporains, originaires de Madagascar, les plus édités.

    Ce dernier réside en région parisienne, aux abords d'une rue nommée Goncourt. Un signe du destin ? Comme on le sait, le Goncourt est l'appellation d'un grand prix littéraire français. Mais, le poète malgache ne court pas après un prix littéraire. Il pense à une autre consécration. En fait, il souhaite ardemment qu'on reconnaisse un jour dans le monde de la poésie à Madagascar le « fredisme » (un mot puisant évidemment son nom dans les patronymes de Fredy Jaofera et de son aïeul). A ce sujet, il indique : « Mes poèmes et ceux de mon grand-père ont la même inspiration. Seules, les époques de leur parution sont différentes ».

    Dans cette perspective, l'objectif de Fredy Jaofera reste pour le moment de faire mieux que son aïeul. A ce propos, il cite en le parodiant un adage malgache bien connu : « Izay adala no toy… an-draibeny ! ». Ce qui se traduit par : « Sot celui qui ne va pas plus loin que son… grand-père ! ».

     

    ITINERAIRE D'UN POETE

    Bio-Express

    1962 : il naît à Madagascar.
    1974 : il écrit son premier poème (« Sambatra ianareo »).
    1991 : il fait partie du cercle littéraire Farimbona Sandratra.
    1992 : il devient membre de l’Union des poètes et écrivains malgaches (UPEM).
    2005 : il fonde avec dix autres poètes la section française de l’UPEM et en devient le vice-président.
    Marié, il est père de trois garçons.
    Sa distraction préférée : le jeu d’échec.

    Bibliographie

    Ouvrages collectifs : 1992 : « Izay niafina ao » (Sandratra). 1993 : « Velona ho velona ny teny sy haisoratra Malagasy (UPEM). 1995: “Ny reniko, ny teniko”(UPEM) 1996: “Tsetsatsetsa tsy aritra” (Sandratra). 1997: “Teny roa” (Felan-tatamo-UPEM). 2005: « Santa-bokatra »(UPEM France). 2008 : « Mirazotra »(UPEM France) Recueil individuel : 1974 : « Ny hafatro » 2007 : « Teny roa » 2007 : “Ny ranomasoko » 2007: “ Nosy mamiko” 2008: “ Fiainana” 2008: “Diavolana”.

     

    POEMES EN MALGACHE DE FREDY JAOFERA

    Teny roa

    Teny roa dia efa ampy
    ilazako ny ato anaty;
    teny roa no vatolampy,
    tsy voazera mandramaty.

    Teny roa dia efa afaka
    manambara ny ato am-poko;
    teny roa no tena miavaka,
    mbola meva sy miloko.

    Ny voalohany dia ny “TIAKO”,
    ny faharoa dia ny hoe “IANAO”,
    ka ny hany mbola iriko,
    ny fitambarany eto izao.

    Mba tia anao ny tena
    ka tsy mahafoy hatrany;
    ianao no mbola harena,
    tsy voasoloko eto an-tany.

    Teny roa… Tsy mihoatra!
    No mbola sarotra kosehina;
    teny roa no mamy loatra,
    tsy hay akoro na potehina.

     

    Ry tenindrazako

    Raha tsy teo ianao, ry teniko,
    dia tsy nahasoratra ny peniko
    fa dia fitaovam-panoratana
    tsy mba afa-nanandratana
    ny fiteny malagasy
    tao anaty taratasy.

    Raha tsy teo ianao, ry teniko,
    dia voatery hoe nafeniko
    ‘reo karazan-kasambarana
    rako-tsento sy fiakarana,
    nanjary voatahiry
    sy tsy fahita firy

    Raha tsy teo ianao, ry teniko,
    tsy maintsy tonga neniko
    nanambara tsy hita lany
    tamin’ny teny hafa hatrany
    ny vetsom-po rehetra,
    mbola lafo sy mitoetra.

     

    Amiko ny zanaka

    Amiko ny zanaka dia tiako noho ny tiako
    fa aina avy amin’ny aiko sy soa efa niriko;
    Amiko ny zanaka dia harena tsy hay soloina
    hikirizako isan’andro fa dimby ka koloina;
    Amiko ny zanaka dia tena adidy iray goavana
    tsy ilana fahakiviana fa ekena am-pitiavana;
    Amiko ny zanaka dia hasambaran-dray sy reny,
    mainka moa ra’hendry sy milofo foana ombieny;
    Amiko ny zanaka dia mbola andry fianteherana
    rehefa reraka sy osa na mba tojo fahanterana.

     

    Vavak’ilay poety

    Ataoko ahoana, ry Ray,
    no tsy hisaotra Anao indray
    tamin’ireny andro maro be
    feno tsiky vao mandeha?

    Ataoko ahoana ny hanadino
    ka ‘ty ny saiko re vimbino,
    inty ny foko re mba ento,
    na dia lavitry ny sento?

    ‘Reny oram-batravatra,
    toa nikija sy nandratra,
    mbola ataovy fifaliana
    tsy hahitako fijaliana.

    ‘Reny ora nampangidy,
    tsy mba tery na safidy,
    mbola ataovy varavarana
    hahitako fahasambarana.

    Ry Tompo ô!... Ongoty
    ny alahelonay kamboty,
    ka enga anie ny faniriana
    ho tanteraka mangina.

    Ny mahantra sy ny ory:
    tsy miadan-tsaina akory,
    ka tsinjovy lalandava
    mbola hahita ny mazava.

    Andriamanitra ô! Tahio
    ‘zao fiainako eto anio,
    ary ho Anao anie ny Laza
    sy ny Dera izay sahaza.
    AMENA.

     

     

     

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