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    FX-Mahah

    FX-Mahah: «Je suis un exilé et non pas un déraciné»

    Propos recueillis par Richard Claude Ratovonarivo | 22/06/2011

    (MADA.pro) De son vrai nom François Xavier Razafimahatratra, FX-Mahah est un poète malgache qui vit en France depuis 40 ans. Il est le président de la section française de l’Union des poètes et écrivains malgaches (Havatsa- UPEM). Ecrivant aussi bien en malgache qu’en français, FX-Mahah nous parle de lui et de son univers poétique.

    O MADA.pro : Qui êtes-vous FX-Mahah ?

    -FX-Mahah : Je suis né en 1946 à Ambohimanarina, le village par excellence des Antehiroka. J’y suis resté jusqu’à mon départ pour la France en 1970. A vrai dire, je ne connaissais de Madagascar que ce village non loin d’Antananarivo ; jusqu’à ce que je découvre Fianarantsoa, Antsirabe et surtout Toamasina où mes parents avaient acheté une maison pour les vacances. Et dans cette dernière ville, je me plaisais à contempler la mer. D’ailleurs les poèmes de mon premier recueil, Esquisses marines, sont pour la plupart des réminiscences des moments que j’avais vécus là-bas.

    Issu d’une famille de catholiques pratiquants, j’ai effectué mes études secondaires au sein, notamment d’institutions catholiques tenues par des frères puis des jésuites. Après avoir obtenu mon bac en 1968, j’ai étudié les lettres françaises et malgaches à l’Université de Madagascar. Et ce, jusqu’à mon départ pour la France en 1970.

    O Qu’est-ce qui vous a poussé à venir en France et à vous y installer ?

    -Deux raisons avaient motivé mon départ : un problème sentimental que je n’arrivais pas à gérer et le fait que mes deux très proches amis étaient là-bas pour poursuivre leurs études. Une fois sur place, nous ne nous sommes même pas revus : l’un étant à Strasbourg, l’autre à Toulouse et moi à Paris.

    C’est seulement en France que j’ai essayé de combler mes lacunes en ce qui concerne non seulement l’histoire mais aussi la géographie de Madagascar. Je me suis inscrit à l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO) pour étudier le malgache, l’indonésien et le hindi. L’année suivante, j’étais à l’Institut libre des relations internationales qui préparait au concours d’entrée à l’ENA pour des postes diplomatiques. C’est que, je voulais être diplomate. En quatrième année, tous mes condisciples ont eu des propositions de postes de leur pays respectif, mais le ministre malgache des Affaires étrangères que j’avais contacté à l’époque voulait que je rentre au pays afin d’en discuter. Ce qui ne me convenait pas. Ainsi, je n’ai même pas passé l’examen de fin d’année. Néanmoins, j’ai pu terminer en 1978 mes études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. En 1982, j’ai décidé de demander la nationalité française afin de pouvoir passer les concours d’entrée dans l’Administration. J’ai eu assez vite la nationalité française ce qui fait que j’ai pu me présenter aux concours en 1983. Je suis au ministère de l’Intérieur depuis.

    O Comment avez-vous découvert l’univers poétique ?

    -J’aime lire les poèmes, mais pas tellement en écrire. J’écris d’ailleurs le moins possible. Dès l’âge de quatorze ans j’étais devenu un boulimique des livres. Mais ce qui a éveillé le plus mon goût pour l’écriture c’est sans conteste la Bible. Surtout les psaumes et le cantique des cantiques qui m’inspiraient. Mes premiers poèmes d’amour s’inspiraient de ces textes.

    C’est aussi à cette époque que j’ai découvert la plupart des poètes et romanciers qui continuent toujours jusqu’à présent à me fasciner : Victor Hugo, Lamartine, Baudelaire, Verlaine, Ronsard. J’ai commencé aussi à lire les traductions en français des œuvres de quelques poètes anglophones. Comme Walt Withman, William Carlos Williams, T.S. Elliot, Keats et bien sûr Shakespeare et Byron. Mais j’apprécie plus particulièrement Percy Bysshe Shelley notamment son Ode au vent d’Ouest que j’ai essayé de traduire en malgache mais en vain ; je n’y suis pas parvenu entièrement.

    Au collège, c’est la vie des saints qui me passionnait : Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, Bernadette Soubirou, Saint François d’Assise, Saint Jean Bosco. Leur vie me fascinait mais ces hagiographies ne m’avaient pas marqué autant que le livre que j’ai eu l’occasion de lire au collège : Aimer ou le journal de Danny. Je ne me souviens plus de l’auteur mais c’est une sorte de manuel d’éducation sexuelle expurgée et sentimentale sur le comportement qu’un garçon devrait avoir vis-à-vis des filles. A cet âge là je n’étais pas encore vraiment au fait des choses de l’amour. Mais ce livre était aussi une source d’inspiration pour moi.

    Je ne suis pas sélectif dans mes lectures. J’ai un certain nombre d’anthologies : poésie anglaise, française, algérienne, antillaise, chinoise, canadienne, indonésienne. J’ai pour ma part composé une anthologie de la poésie malgache mais je ne sais pas encore si je réussirais à la publier.

    Pour moi, lire n’est pas uniquement un passe-temps mais presque une nécessité.

    O Parlez-nous de votre parcours poétique ?

    -Au départ, j’aurais aimé me consacrer entièrement à la peinture, suivre des cours, fréquenter des peintres. Mais, l’attirance de la poésie a été plus forte. Elle s’est imposée à moi.

    Ma rencontre en 1968 avec Charles Ratsaraoelina (Le Myosotis) a été le moment le plus décisif de ma vie de poète. J’avais vingt-deux ans. Un de ses fils était dans ma classe et je lui avais demandé si son père accepterait de me recevoir. J’ai déjà lu un certain nombre de ses poèmes dans les revues et les journaux. Il a lu mes poèmes dans le journal Hehy et m’a incité à beaucoup lire. « Le talent a besoin d’être travaillé sinon il rouille, me disait-il. Ne vous obligez pas à écrire ce que vous ne ressentez pas ». Cette rencontre m’a encouragé à continuer et à essayer de trouver et d’améliorer mon style. D’autres poètes m’ont influencé pendant un certain temps comme Georges Andriamanantena (Rado), ou encore le grand poète Jean Verdi Salomon Razakandraina (Dox). Par la suite, j’ai traduit un certain nombre de leurs poèmes pour des revues françaises comme Poésie sur Seine ou Couleurs d’Outre-mer.

    Actuellement, mon intention est d’éditer une anthologie de quelques poèmes en malgache et leur traduction dans une autre langue.

    O Vous semblez vous intéresser particulièrement au travail de traduction.

    -Certains croient que n’importe qui peut traduire un poème. Je crois quant à moi que la maîtrise de deux langues ne suffit pas à la traduction. La traduction peut être techniquement parfaite mais il est rare que l’essence de la poésie soit idéalement transposée. Il faut avant tout avoir une sensibilité de poète pour en traduire. Personnellement, je ne traduis que des poèmes qui me pénètrent. Beaucoup de poètes malgaches méritent d’être traduits en français ou en anglais, mais j’ai choisi, pour un recueil que j’ai terminé il y a quatre ans, six poètes que j’affectionne particulièrement. Il s’agit de Ny Avana, Rabearivelo, Rado, Dox, Randja Zanamihoatra, Ratany.

    O Poète d’origine malgache, vous écrivez également en français. Est-ce que cet état de chose vous pose de problème particulier ?

    -Pour moi, il ne s’agit pas de dire en français des sentiments malgaches mais de dire en français en tant que Malgache des sentiments tout court. La malgacheité n’est donc pas uniquement dans les termes, mais aussi dans les thèmes, dans les non-dits, dans l’atmosphère générale du poème. Quand j’évoque les Champs Elysées ou le boulevard Saint Germain dans mes poèmes, ce que j’exprime est la perception d’un Malgache, qui n’est pas calquée sur celle d’un poète français qui a toujours vécu à Paris.

    Mon deuxième recueil Contrexil est composé de poèmes écrits un peu partout à Strasbourg, à Dijon, à Lille, à Paris, mais l’âme malgache y transparaît à chaque page. Tout au moins c’était mon intention.

    O Vous avez privilégié les poèmes sur l’exil. Pourquoi ?

    -Je me suis déjà exprimé sur ce sujet dans Le Journal littéraire. Ainsi, j’ai indiqué que le thème de mes poèmes, qu’ils soient écrits en malgache ou en français, reste le plus souvent le même : Madagascar. La nostalgie est un aspect assez désagréable de l’exil. Ce que je nomme l’exil, c’est lorsqu’une personne reste toujours attachée à son pays natal malgré la distance, mais à partir du moment où cette personne n’arrive plus à avoir un quelconque attachement avec son pays natal, pour moi elle n’est plus exilée, mais déracinée.

    Alors, suis-je exilé ou déraciné ? Je dirai plus exilé, car malgré tout le temps que j’ai passé en France, je suis resté Malgache. Et ironiquement, lorsque je reviens à Madagascar, je me sens exilé de la France. Tout poète est d’ailleurs un exilé au paradis perdu de son enfance. C’est dans la nature de l’homme de se sentir exilé. Car il rêve d’un modèle qui n’est pas celui qui l’entoure. C’est un sentiment assez poétique.

    Ceci étant, mes poèmes n’expliquent pas l’exil, mais sont seulement imprégnés des parfums de l’exil, pour moi la vanille, la cannelle, l’ylang-ylang symbolisent l’exil, comme la terre rouge ou le port du lamba.

    Le style est la somme des acquis. On ne peut pas dire que j’ai toujours écrit de cette façon. On évolue.

    O Vos poèmes sont tristes, dit-on…

    -J’essaie de trouver dans le désespoir un goût à la vie. Je dirais même que j’exprime souvent ma vénération pour la mort. Et ce depuis ma tendre enfance. Je ne pourrais vous expliquer pourquoi mais une sorte de thanatolatrie domine mon écriture. Et dans celle-ci, il y a quelque part l’envie de survivre dans la Poésie, de laisser quelque chose d’utile derrière moi, de ne pas avoir existé pour rien. D’aucuns diraient qu’il y a une influence de Jean Joseph Rabearivelo. Peut-être au début mais j’ai surtout tendance à associer l’amour à la mort et non opposer la mort à la vie.

    O Comment naissent-ils vos poèmes ?

    -L’instantanéité d’un poème est dans la fulgurance d’une idée, dans le premier mot, la première image ou la première sensation qui survient et qui s’incruste dans ma tête. Par ailleurs, le poème doit être un discours ouvert. Ecrire est facile, c’est la période de gestation du poème qui est difficile.

    Le poème est une représentation harmonieuse de l’émotion au moment où on la ressent. J’essaie toujours de débarrasser mes poèmes de tout ce qui n’est pas nécessaire à la compréhension. Je tente de faire en sorte que chaque mot tienne la place qui lui convient au mieux. J’aurai voulu que mes poèmes soient dépouillés le plus possible et qu’ils ne gardent que l’essentiel. Cependant mes origines malgaches m’entraînent souvent à un verbiage inévitable. Ce qui m’incite à écrire des sonnets. Les sonnets sont des miniatures qui demandent beaucoup de patience et une précision d’orfèvre. Je ne dis pas que j’y excelle toujours mais je fais de mon mieux.

    J’écris mes poèmes comme je peins mes tableaux sans a priori. Je ne me dis pas que je vais écrire un poème sur tel ou tel sujet. Je n’écris jamais sur commande. L’inspiration vient d’elle-même. Seulement, une fois terminé, un tableau n’accepte pratiquement pas de retouches ; alors qu’il arrive que je modifie ou corrige un poème avant sa publication. Une fois publié, je considère qu’il ne m’appartient plus.

    Quant à mes recueils, ils sont des mélanges. Je ne pars jamais d’une idée pour composer un recueil. Je considère le recueil comme un bouquet. Il faut y trouver le plus de variétés possibles. Mais ça ne veut pourtant pas dire qu’il n’y a pas d’unité. Comme le fleuriste, je mets parfois instinctivement ensemble ceux qui s’uniraient harmonieusement.

    O Que représente pour vous un poème ?

    -Je considère qu’il y a des mots qui pris séparément peuvent être poétiques car ils évoquent en nous des sentiments, des émotions, ou même réveillent des souvenirs. Mais les mots ne sont poétiques que dans la confrontation ou la relation avec les autres mots. C’est comme des éléments qui créent une réaction une fois mis en contact et produisent entre autres ce qu’Ezra Pound appelle « phrase musicale ».

    Par ailleurs, le poème est pour moi l’unique lieu de la vérité. Dans une conversation avec des amis j’ai tendance à ironiser sur tout, sur moi, sur la vie, à escamoter, à défigurer la vérité pour qu’on ne connaisse de moi que le moins possible mais dans un poème comme je suis seul, je peux me mettre à nu, me dévoiler sans fausse pudeur.

     

    ITINERAIRE D'UN POETE

    Activités littéraires

    -1976 : émission à l’ORTF avec le poète mauricien Edouard Maunick sur le sens de la fête dans l’océan Indien.
    -1994 : adhésion à l’Union des poètes et écrivains de Madagascar (UPEM).
    -1995 : rencontre avec le poète Jacques Rabemananjara.
    -1998 : rencontre avec le poète Henri Rahaingoson (DI)
    -2004 : participation à la fondation de la section française de l’UPEM.
    -Correspondance avec des écrivains malgaches comme Célestin et Georges Andriamanantena, Ener-Lalandy, GRG, J. Nalisoa Ravalitera…
    -Participation à plusieurs séminaires et tables rondes concernant la littérature malgache.

    Recueils

    -1972 : Esquisse marine (Ed. J. Millas- Martin)
    -1978 : Contrexil (Ed. J. Millas- Martin)
    -2004 : Sang d’ombre (Editiner)
    -2011: Rindran'ny Tsiahy (Editions Jouve, Paris)

    Dans la presse malgache

    -Poèmes en malgache dans divers journaux et revues d’Antananarivo : Hehy, Vaovao, Antson’ny Nosy, Hita sy Re, Sahy, Fampitaha, Valiha, Ambario.

    Dans la presse française

    -Poèmes en français dans : Sentier, Dire, Le Fer à Moulin (Université Paris III), Cri d’os, Friches, Poésie sur Seine, Couleur d’Outre-mer.
    -Traduction de poèmes de Dox, Rado et Jean Joseph Rabearivelo dans Couleur d’Outre-mer.

    Articles de presse

    -« Image de Madagascar à travers la littérature malgache d’expression française » (Lettre mensuelle sur Madagascar, 1994).
    -« La nostalgie dans la poésie malgache » (Cri d’os, 2002).
    -« Quelques aspects de la poésie traditionnelle malgache : le hain-teny » et « Jacques Rabemananjara : parcours d’une vie et d’une œuvre » (Cris d’os, 1999).
    -« Lamba ou le mystère de la création poétique » (Friches, 1999).
    -« Rado ou l’espoir de la liberté » (Poésie sur Seine, 2002).

     

    COMPLAINTES SUR L'EXIL

    D'île en îles...

    La barrière de la mer
    s’abolit sous le regard
    car le regard est poème
    rêve et réalité confondus
    le départ est possibilité de vivre
    le départ est exil
    voulu ou imposé
    craquent sous mes pas les os
    de ceux qui ont espéré
    une résurrection

    j’ai survolé la mer
    j’ai survolé la vie
    j‘ai perdu tous les repères
    de ma race
    je passe fier et nanti
    étranger
    dans cette ville de misère
    qui n’est plus mienne
    mais a laissé sa marque
    sur le marbre de ma mémoire
    et de mon désarroi
    je m’illusionne
    à regarder à travers les ruines
    des images du passé
    pour conjurer le présent.

    Je ne puis que rire
    tristement mes poèmes
    face à la mer
    Les souvenirs grattent
    mes nuits jusqu’au sang
    Comme cette terre rouge
    qui s’en va sa désespérance
    jusqu’à se perdre dans la mer
    J’ai écorché mes rêves
    Aux pans de l’oubli

    Mon arbre

    Je me souviens de
    M’être adossé à cet arbre
    Etant enfant
    Le même arbre
    La même chute de feuilles
    Et cette fraîcheur qui
    Humidifie l’âme

    Seul repère de mon enfance
    Il est partout où
    Je me trouve
    Digne dans son immobilité
    Séculaire

    Je ne l’ai jamais vraiment regardé
    C’est le même sous toutes les latitudes
    Baobab, zakarandah
    Devenu hêtre ou bouleau
    Saule éploré
    Ou arbre du voyageur

    Symbolique

    Madagascar
    La mer je l’ai connue
    Sur tes plages de soleil
    de cocotiers
    de ravenales
    et de vie en sourdine

    Madagascar
    La mer je l’ai connue
    à l’orée sanglante de tes nuits
    de chaleur
    à la lumière
    de ta nuiteur charnelle

    Madagascar
    La mer je l’ai connue
    comme reflet
    comme reflet de lutte
    la MER

    Terme

    Quand reverrai- je les champs
    parfumés d’algues marines
    et la mer grise
    dans le ciel de pluie ?

    Quand reverrai-je les monts
    aux flancs transpercés
    battant l’ultime jet
    sur la limpidité souveraine
    du MIDI ?

    Oh !

    Les pieds en maraude s’égratignent
    aux piquants des coraux
    et le cœur alourdi de sel
    et de nostalgie veut
    suivre les oiseaux de mer
    en leur fuite irréelle

    Quand reverrai-je aux
    piquants des coraux
    l’ultime jet de sang
    l’ultime jet d’amour ?

    Harivariva an-tanin’olona

    Amin’ny ora toy izao mahafeno ny diavolana
    lasa ihany ny vinany manontany ny any ho any
    dia ny fenomanan-dasa tsy mba nisy petraka olana
    hamadika ny vetsovetso ka hisaina sesilany

    Moa ny diavolana any mbola toy ilay omaly
    nilalaovanay ny hanta nampariakan’ny hariva
    moa nyantsan’ny zatovo mbola heno mifamaly
    handimby ako an’alikely ny fanginan’ny antsiva

    Eto ny diavolan-kanto mitondra embona hafahafa
    tsiaro otriky ny ela zary mampihidy vazana
    Eto ny davolan-kanto raha sendra ka mitafa
    eny iky ny alahelo no tsaroana fa marivo
    raha sendra misy manontany ilay diavolan’Iarivo
    Eny ny ora manadiva no tian-kodiana an-Tanindrazana.

    Ry fahafahana

    Teny imolotry ny mpiady efa teo ambavahoana
    teny an’endriky ny zaza nidradradradra f’efa noana
    teny an-koditrin’ny ory nijafajafan’ny hatsiaka
    teny am-bovoky ny tany lazaina f’an’ny tanintsika

    an-tsoroka mavesatry ny tia ka nilaozana
    teny am-ponja namatrarana ilay nitady fanavaozana
    teny an-tefoky ny basy namerana ny zon’ny resy
    teny an-dasitra idealim-pitondrana nifanesy

    teny an’elatry ny fiara namakivaky habakabaka
    tany an-dalin-drano tany natahorana ho lavaka
    nantenaiko hahitana izay mba tena endrikao
    izay mba tena feonao handrotsirotsy ny tadiny
    nozahako hatraiza hatraiza ary mandraka ankitriny
    moa ianao ry Fahafahana tsy an’izao tontolo izao.

     

     

     

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