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    Des élèves en formation au CFTH de Nosy Be

    1. Tourisme: des métiers qui s'apprennent au Centre de Formation en Tourisme et Hôtellerie (CFTH)

    par Thompson Andriamanoro | 03/01/2011

    (MADA.pro) Nosy Be dispose actuellement de plus de 1000 chambres aux normes internationales auxquelles s’ajouteront d’autres structures en cours de réalisation. 200 à 300 chambres sont aux normes Ravinala. De nombreux prestataires ont fleuri pratiquement dans tous les domaines, des excursions aux clubs de plongée en passant par la pêche au gros ou la location de motos, de quads, de voitures. Le petit aéroport international accueille des vols en provenance de France, d’Italie, de La Réunion, de Mayotte, et parfois d’Afrique du Sud. Nosy Be vit en permanence dans un contexte de concurrence avec les autres destinations de cette partie de l’Océan Indien. Né de la réflexion de quelques membres du Groupement des Opérateurs Touristiques de l’île, un Centre de Formation y a vu le jour en 2008 et a deux ans après sorti sa première Promotion. Entretien avec Jean-Louis Salles, propriétaire du Vanila Hôtel et Président de l’Association CFTH, sur fond de la situation du tourisme sur l’Ile aux Parfums.

    UNE LOCOMOTIVE (TROP) ENVIEE ?

    « Vous parlez de la concurrence, Nosy Be doit effectivement faire face à de nombreux handicaps : les vols sont insuffisants et encore trop chers. Les infrastructures en matière de route, de santé, d’hygiène accusent certains retards. Malgré le calme légendaire qui y règne, l’île se ressent du contexte global généré par la crise. Les problèmes d’insécurité ne sont pas nombreux, mais une certaine presse semble prendre plaisir à les amplifier ! Je ne peux enfin pas passer sous silence l’attitude de certains TO qui trouvent leur intérêt à envoyer les touristes plutôt dans le Sud et dénigrent systématiquement Nosy Be auprès de l’étranger ». L’impact de ces freins est heureusement compensé par la beauté du site et la publicité véhiculée par ceux qui y ont séjourné. Nosy Be est la locomotive toute indiquée pour le tourisme malgache mais force est de constater que sa réputation internationale soulève une jalousie pas toujours dissimulée quelque part…

    POUR DES BASES PLUS STABLES

    Cette réputation exige un bon niveau de qualité de service, et c’est ici qu’il faut rendre un hommage mérité aux efforts des opérateurs qui n’avaient pas le choix : « nous étions obligés de recruter des éléments sans qualification, de les former dans le temps, et d’être présents sur tous les fronts ! On ne pouvait pas trop compter sur une main d’œuvre importée de la capitale car l’adaptation est difficile et très souvent les éléments ne restent pas longtemps ». Former à partir de zéro ne présente pas que des inconvénients, ne serait-ce que du fait que cela permet de modeler les recrutés exactement dans le sens souhaité. De bonnes surprises ne sont pas exclues. Mais dans ce système « rien n’est définitivement acquis. Il faut sans arrêt reprendre ce qu’on a déjà travaillé maintes fois et, de plus, certaines personnes atteignent très rapidement leurs limites ».

    L’idée d’une école hôtelière est ainsi née chez certains éléments du Groupement des Opérateurs Touristiques de l’île il y a de cela 8 ou 9 ans, pour permettre un nouveau départ sur des bases plus stables et pérennes. Un projet élaboré avec l’assistance de la Mission Française de Développement reste en suspens jusqu’au jour où la Fondation Suisse propose de mettre à la disposition de l’association un petit établissement situé près d’Ambatozavavy et inexploité depuis quelques années. « Il n’en fallut pas plus pour faire rebondir le projet! Des financements sont trouvés auprès du Conseil Général de l’Oise, du Conseil Régional de Picardie, ainsi que localement auprès du Projet Pôle Intégré de Croissance (PIC) ».

    DES ALTERNATIVES A L’AUTOFINANCEMENT

    Le site, en bordure du Parc National de Lokobe, est accessible par une route entièrement refaite depuis sa jonction avec celle de l’aéroport. Dominant les mangroves, il jouit d’un calme et d’une vue se prêtant idéalement à l’apprentissage des métiers du tourisme. Avec son grand dortoir et son réfectoire, le Centre est prévu pour accueillir une soixantaine d’élèves. Et Jean-Louis Salles de préciser : « les activités d’application se font sur place même au Lokobe Lodge qui est doté d’une réception, de 9 bungalows pour les touristes, d’un salon, d’une grande salle de restaurant et de grandes cuisines aux normes pédagogiques. A cela s’ajoute le local technique et ses deux groupes électrogènes ».

    Côté structures et fonctionnement, l’ensemble CFTH-Lokobe Lodge est géré par un Conseil d’Administration où siègent des privés, deux représentants de la Fondation Suisse, ainsi que des opérateurs expérimentés dans le domaine de la formation. Le Directeur Exécutif dispose d’une équipe composée d’une responsable administrative et financière et de 11 personnes à temps plein. S’y ajoutent un comité pédagogique et un conseil de discipline. « Nous sommes normalement prévus pour parvenir à l’autofinancement grâce à nos recettes touristiques mais la crise a compromis cette source, regrette le Président de l’Association. Nous avons dû chercher d’autres solutions, et c’est ainsi par exemple qu’une Convention sur deux ans vient d’être signée avec le Conseil Général de Mayotte. Elle prévoit la formation dès cette année d’étudiants mahorais en contrepartie d’une aide à notre fonctionnement ».

    VERS UNE RECONNAISSANCE INTERNATIONALE

    Le CFTH dispense un enseignement véritablement taillé à la mesure des besoins immédiats du tourisme en général et de l’hôtellerie en particulier. Les admissions s’adressent aux jeunes titulaires du BEPC, après une épreuve préliminaire de sélection. La formation qui dure deux ans est à dominante généraliste durant la première année. Le choix pour la spécialisation se fait l’année suivante entre cuisine-pâtisserie, salle-bar, réception-hébergement, et guidage. L’alternance est systématiquement appliquée entre cours pratiques et cours théoriques, lesquels sont dispensés en ville et programment notamment les langues, les sciences de la vie et de la terre, l’informatique, l’histoire et la géographie, le droit du tourisme, la sécurité et l’environnement, ainsi que des notions de gestion. Les études sont sanctionnées par l’obtention du Certificat d’Aptitude Professionnelle aux Métiers de l’Hôtellerie et du Tourisme. La toute première Promotion est sortie en juillet 2010, avec un effectif de 52 jeunes diplômés.

    Peut-on déjà parler d’un impact positif sur le tourisme nosybéen ? De l’avis du Président de l’Association, « il est encore trop tôt pour le quantifier. Ce que je peux par contre dire, c’est que les sortants n’ont eu aucune difficulté à trouver un emploi, et les échos qui nous parviennent sont très bons. On entre enfin dans le professionnalisme. Les perspectives d’avenir sont prometteuses avec la Convention de Mayotte qui ouvre la voie à l’internationalisation du Centre en y intégrant aussi les Comores, et peut-être La Réunion. Des financements allant dans ce sens sont en cours de recherche, et une grande reconnaissance du CFTH à l’échelle de la zone d’ici 3 ou 4 ans n’est pas du domaine de l’impossible ».

     

     

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