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    Des jeunes en formation à Infotour en voyage d'études à la Réunion

    2. Tourisme: des métiers qui s'apprennent à l'Institut de Formation en Tourisme (INFOTOUR)

    par Thompson Andriamanoro | 03/01/2011

    (MADA.pro) Ankadivato, un quartier à vocation résidentielle depuis toujours. Les piétons paraissent rares et les voitures, trop heureuses d’avoir échappé aux bouchons en amont, prennent leurs aises en attendant de les retrouver en…aval. C’est ici que l’Institut de Formation en Tourisme, certainement un des plus anciens de la place, a ouvert ses portes en 1997. Un choix qui apparemment a été le bon puisqu’il y est toujours et prépare sa 14ème rentrée.

    DES ETUDES QUI COUTENT CHER ?

    Alain Richard Rakotondrabe, premier responsable du Centre, nous reçoit dans son bureau jouxtant des salles de classe encore vides mais qui ne le seront plus pour longtemps. Curieusement le coût élevé des études n’a jamais été un frein pour les familles. Notre interlocuteur ne s’encombre guère de circonvolutions et joue la transparence en abordant le sujet : « Oui, les études en tourisme coûtent cher non seulement à ceux qui les suivent mais également à ceux qui les dispensent ! Les charges sont aussi nombreuses que lourdes et, étant un Institut privé, nous ne bénéficions d’aucune subvention. Nos enseignants par exemple viennent de milieux professionnels divers et ce n’est déjà pas facile de les avoir. Ils apportent leur savoir en matière de Transports Aériens, de Tour Operating et d’Agence de Voyage, ou encore de Conservation Environnemental et tout cela a un prix. Quant aux voyages d’études vous pouvez imaginer leurs coûts… » Il tient néanmoins à relativiser la question, puisque cette particularité peut aussi servir de filtre pour les postulants, et seuls les plus motivés accepteront le sacrifice…

    LE SAVOIR FAIRE DU VENDEUR…

    Comment A.R Rakotondrabe définit-il sa « matière » qu’est le tourisme ? Sans la moindre hésitation, comme étant la voie la plus rapide et la plus directe vers le développement. « Bien sûr nous avons notre sous-sol vers lequel semblent converger aujourd’hui toutes les convoitises, nous avons nos ressources halieutiques et bien d’autres potentialités qui ne demandent qu’à être optimisées. Pour le tourisme, avec nos 5000 km de côtes et notre biodiversité unique au monde, le produit est là prêt à l’emploi ! Il n’attend que le savoir-faire de ceux chargés de le vendre, et les Instituts de Formation comme le nôtre sont justement là pour le leur fournir ». Le déficit de Madagascar, souvent décrié, en matière de qualité de service doit être nuancé : « Nous avons au contraire de très bons professionnels qui méritent un coup de chapeau car ils évoluent dans un contexte qui n’est pas toujours facile. Malheureusement il y a aussi ceux qui ont juste le capital et pratiquement pas de culture touristique. Ceux-là se contentent souvent d’une formation sur le tas mais cela ne peut tromper le client ».

    INFOTOUR est placé sous une double tutelle : celle du Ministère de l’Enseignement Technique pour la Formation Modulaire professionnalisante, et celle du Ministère de l’Enseignement Supérieur pour la Formation Initiale réservée aux bacheliers. La formation modulaire est d’une durée relativement courte (six mois de cours théoriques et trois en entreprise) et propose trois filières : le guidage écotouristique, la réception-hébergement, et le ticketing. Les Centres délivrant le Brevet d’Etudes Professionnelles (BEP) qui requiert le même niveau d’études sont aujourd’hui rares. On pourrait citer le Collège Technique Mixte d’Ampefiloha qui ne prépare néanmoins que le BEP-cuisine.

    AGREMENT ET HOMOLOGATION

    La Formation Initiale d’INFOTOUR est homologuée par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et A.R Rakotondrabe tient à lever une équivoque : « On confond souvent homologation et agrément alors que l’homologation est résolument qualitative, étant une reconnaissance des mérites de l’enseignement dispensé ». Elle comporte deux cycles dont le premier dure vingt mois et est sanctionné par un Diplôme Supérieur en Tourisme avec la garantie d’une équivalence auprès de la Fonction Publique. Quatorze matières y sont enseignées, parmi lesquelles le management touristique, la civilisation de Madagascar, la gestion d’entreprise touristique, le droit appliqué au tourisme, les mathématiques et statistiques, ainsi que les langues. Les acquis théoriques sont renforcés par deux voyages d’études obligatoires à Andasibe et Majunga où l’Institut possède une antenne dispensant le même programme d’enseignement qu’à Antananarivo.

    Le second cycle regroupe les troisième et quatrième années. La troisième s’étend sur onze mois et est sanctionnée par le Diplôme Supérieur Spécialisé en Tourisme ou DSST. Elle comporte quatre Unités de Formation à savoir Environnement et Ecotourisme, Management et Mercatique, Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, et Langues. La quatrième année en est la suite logique et l’aboutissement avec notamment la soutenance du mémoire de fin d’études et l’obtention du Diplôme d’Etudes Supérieures Approfondies ou DESA.

    UNE OUVERTURE SUR L’EXTERIEUR

    Un Institut du Tourisme ne peut fonctionner en vase clos. Des relations « donnant-donnant » sont établies avec d’autres Centres notamment étrangers, pour lesquelles on utilise de plus en plus le terme d’ « appariement ». Seulement, regrette A.R Rakotondrabe, « elles sont souvent compromises par certaines contingences, comme la situation politique au pays par exemple. Mais toutes les parties œuvrent actuellement pour leur réactivation. En novembre est prévu un stage de Formation de Formateurs en guidage à la Réunion. Il sera suivi de la signature d’un appariement en matière d’hôtellerie et de restauration ». La Réunion où les partenaires traditionnels d’INFOTOUR sont la Région, la Chambre de Commerce, et CENTHOR. Depuis sa création, il y a réalisé trois voyages d’études à l’intention de ses étudiants.

    Souvenirs, souvenirs …Mai 2001, INFOTOUR organise la sortie de la Promotion « Saphir » dans un Espace huppé de la capitale. Domoina le major impressionne l’assistance avec un discours d’excellente facture où il est question d’un Ankoay volant très haut dans le ciel malgache, un saphir dans le bec. INFOTOUR est très fier du parcours de ses meilleurs éléments. Le tout premier étudiant de l’Institut, celui qui portait le numéro 001 en 1997, s’appelle Razafinjato René Louis. Il est aujourd’hui le Directeur-Gérant du Zahamotel de Majunga.

     

     

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