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    Dans les cuisines de l'INTH

    3. Tourisme: des métiers qui s'apprennent à l'Institut National de Tourisme et d’Hôtellerie (INTH)

    par Thompson Andriamanoro | 03/01/2010

    (MADA.pro) On ne mange pas mal du tout à l’INTH, dans l’enceinte de ce qu’on a coutume d’appeler le Complexe Scolaire d’Ampefiloha. Pour s’en convaincre avant d’y aller pour de bon, rien de mieux que de jeter un coup d’œil sur les archives des menus pédagogiques. En entrée et plat de résistance du 11 Janvier 2010 les élèves avaient programmé leur «Carpaccio de zébu aux herbes folles et sa tapenade d’olives noires, petits grillés/thon ficelé à l’armoricaine, croquants de pomme de terre et persil frit». A la date du 6 mai par contre ils ont concocté un «Tempura de poisson sauce rouge, blanquette de zébu à la vanille, aumônières de légumes» bien prometteur…De par son statut d’Etablissement Public à caractère Industriel et Commercial, l’INTH met déjà les jeunes en situation réelle aussi bien en cuisine qu’en salle tout en contribuant par ses propres moyens à son budget de fonctionnement. Cela pour ne pas dépendre uniquement de subventions qui parfois se ressentent durement de la conjoncture du moment.

    DES PROGRAMMES ADAPTES AUX BESOINS

    La Directrice Noromanana Rabenitany situe d’emblée la responsabilité des ressources humaines formées par les établissements comme le sien dans le développement du tourisme malgache : « Notre image de marque doit s’imposer, et c’est à travers les performances de ces responsables que nous pouvons assurer son rayonnement ». Un avis qui n’est pas si éloigné de celui du Doyen de la Faculté de Tourisme de Perpignan, lequel déclarait lors d’un passage dans la Grande Ile : «L’objectif est que Madagascar dispose de cadres nationaux qui seront les vrais piliers du tourisme car étant les plus à même d’appréhender certains aspects de la société et de la pensée malgache. Les plus motivés aussi pour ce qui est du développement non seulement de leur entreprise mais aussi de ce pays qui est le leur».

    Véritable outil dont la vocation est de dispenser des programmes de formation adaptés aux besoins et à l’évolution du secteur, l’INTH est sous la tutelle du Ministère du Tourisme. C’est un cas de figure qui se rencontre aussi en Espagne alors qu’en France l’enseignement du tourisme relève de l’Education Nationale. Si la première formule présente l’avantage de rapprocher davantage les étudiants des opérateurs et des réalités concrètes du secteur, la seconde ouvrirait plus de perspectives à la filière en créant plus facilement des liens avec les universités. Quoiqu’il en soit et au fil de ses presque 20 ans d’existence, selon toujours Noromanana Rabenitany « l’INTH s’est forgé un savoir-faire reconnu dans la formation aux métiers du tourisme, de l’hôtellerie et de la restauration. Ses atouts reposent surtout sur la qualité de sa documentation pédagogique, de ses équipements et matériels professionnels, ainsi que de ses infrastructures ». On pourrait citer les matériels audiovisuels et didactiques, le Centre de Documentation et ses ouvrages spécifiques en tourisme et hôtellerie, la salle informatique, le restaurant pédagogique ouvert au public, les trois chambres d’application inscrites dans les Guides du Tourisme et offrant les commodités et services d’un vrai hôtel, les salles de séminaire que l’Institut peut commercialiser, les ateliers spécifiques (lingerie, bar, pâtisserie, cuisine). Un complément d’information est apporté à ce sujet par Jeannette Harisoa, Chef du Service Formation : « Nous avons actuellement d’excellentes relations de travail avec le Lycée Hôtelier Appert de Nantes grâce aux actions du Consul de Madagascar en Loire Atlantique, Jérémie Ravahimanana et de son Association. Ils ont notamment doté l’INTH d’une cuisine professionnelle unique à Madagascar ».

    DES RELATIONS EXTERIEURES EFFICACES

    L’itinéraire de l’INTH depuis sa création en 1991 dans le cadre d’un projet PNUD/BIT est d’ailleurs riche de ce genre de partenariat. Ce fut notamment le cas avec le Lycée Hôtelier Renaissance de la Réunion, l’Institut de la Francophonie pour l’Entrepreneuriat de Maurice, l’Université Joseph Fourier de Grenoble ou celle de Perpignan… Une mention particulière est à faire concernant le Fonds de Solidarité Prioritaire ( FSP ) du Ministère français des Affaires Etrangères. D’un montant de 650.000 euros, il a fonctionné de 2003 à 2005, et l’une de ses 3 composantes portait principalement sur l’appui à la formation aux métiers du tourisme, de l’hôtellerie et de la restauration: « Le Fonds a permis d’assister d’une manière conséquente notre Institut tant sur le plan matériel que celui des partenariats. De nouvelles filières ont aussi été créées pour ne citer que la Licence Professionnelle en Management du Tourisme et de l’Hôtellerie ».

    Jeannette Harisoa est la mieux indiquée pour parler des structures de l’INTH, et de la formation qui y est dispensée : « Notre instance suprême est le Conseil d’Administration où le Ministère du Tourisme et de l’Artisanat siège par l’intermédiaire de la Direction de la Normalisation. Le Comité Technique Pédagogique (CTP) pour sa part valide les structures pédagogiques et les programmes de formation. Il regroupe les enseignants, des représentants des opérateurs, ainsi bien sûr que le Service Formation. Là sont discutés les suggestions, les critiques, les programmes de stages pour l’année suivante, ou encore le rapprochement indispensable entre élèves et opérateurs ».

    UNE FORMATION A LA CARTE…

    Beaucoup le regretteront, mais le Brevet d’Etudes Professionnelles (BEP) ne se prépare plus à l’INTH. Accessible aux titulaires du BEPC, ses options restaurant-bar, cuisine-pâtisserie, et hébergement permettaient aux qualifiés d’être immédiatement opérationnels en tant que commis cuisinier ou de restauration, gouvernante d’étage, ou réceptionniste. La Formation dite Continue, modulaire et à la carte, est par contre toujours très demandée. « Elle cible principalement ceux qui travaillent déjà dans les secteurs de l’hôtellerie et de l’industrie du voyage, avec pour objectif celui de permettre à ces employés de maîtriser les techniques de base et parfaire leurs connaissances ».On pourrait citer parmi ces modules l’amélioration de l’accueil physique et téléphonique, la fidélisation de la clientèle, le travail dans les chambres et les locaux communs, le service des boissons incluant la connaissance de l’origine et des caractéristiques des vins servis, les innovations en cuisine et en pâtisserie, ou encore les techniques d’animation d’un guidage. Un autre « produit » de l’INTH est la Formation Itinérante pratiquement dans tout Madagascar. L’Institut collecte les besoins ou diffuse elle-même ses offres. Ses équipes mobiles ont par exemple déjà été à Nosy Be, Sainte Marie, Fort Dauphin, Farafangana. Un cas tout à fait atypique a été cette opération menée il y a déjà 10 ans de cela au Cap Masoala pour le compte de Care International : une centaine d’employés des « hotely gasy » de la région avaient alors bénéficié d’une formation très certainement inédite pour eux…

    ET UNE AUTRE DIPLOMANTE

    Last but not least, le principal dépositaire de l’image de marque de l’INTH reste sa Formation Diplômante ouverte aux bacheliers par voie de concours. Le Brevet de Technicien Supérieur en Hôtellerie-Restauration se prépare en deux ans et offre deux options : la mercatique et la gestion hôtelière d’une part, l’art culinaire, l’art de la table et du service de l’autre. La formation se répartit entre un enseignement général, un enseignement professionnel pratique, et un stage en entreprise obligatoire de 3 mois. Et Jeannette Harisoa de préciser : « Les études sont sanctionnées par un Diplôme d’Etudes Supérieures (DES). Ceux qui veulent intégrer directement le marché du travail sont bien armés pour accéder à des postes d’encadrement à condition bien sûr d’avoir la patience d’accumuler l’expérience nécessaire. Les autres peuvent quant à eux continuer jusqu’à l’obtention de la Licence Professionnelle en Management du Tourisme et de l’Hôtellerie ».

    Le Brevet de Technicien Supérieur en Tourisme obéit au même schéma. La formation se compose d’enseignements théoriques et pratiques, de stages en entreprises, d’animations pédagogiques. Parmi les débouchés la responsable du Service Formation cite les postes d’agent commercial, de personnel d’accueil et d’information, de concepteur de circuit, de créateur d’évènement locaux, ou encore d’assistant de gestionnaire de Centres d’animation. Le DES en Tourisme ouvre aussi les portes de la Licence Professionnelle susmentionnée, laquelle offre le choix entre ces trois Options que sont l’Entrepreneuriat, le Tourisme Durable, et l’Hôtellerie Internationale. Il sera certainement aussi question un jour de Master en Management du Tourisme. L’idée suit son cours en partenariat avec des universités d’ici et d’ailleurs…

     

     

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