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    Jocelyn Ramanambohitra, président de l'Association des Tours Opérateurs Professionnels de Madagascar

    Le TOP a 20 ans

    Par Thompson Andriamanoro | 25/10/2011

    (MADA.pro)Le TOP, Association des Tours Opérateurs Professionnels Réceptifs de Madagascar, a vu le jour en 1991. Sa relative jeunesse est loin de refléter le parcours autrement plus long et la place charnière de l’activité de tour operating réceptif dans l’histoire du tourisme malgache.

    Chez les pionniers, Transcontinents a été créé en 1953 et Madagascar Airtours en 1968 ! Parmi les plus récents, Exelans ou Executive Leisure and Services de l’actuel Président Jocelyn Ramanambohitra a ouvert ses portes en 2007, suivi par d’autres qui ont porté le nombre des adhérents à 70. Ce n’est ni trop peu, ni pléthorique. Le TOP, une Association «qui n’a jamais cessé de travailler même au plus fort des crises de 2002 et de 2009» comme tient à le souligner son Président, croit plus que jamais au tourisme malgache.

    Pour une meilleure compréhension de ce métier très spécifique de tour opérateur que se partagent les «émetteurs» des pays de provenance des touristes et les «réceptifs» des pays de destination, quelques retours sur image peuvent s’avérer utiles. Dès sa naissance au 19ème siècle et plus précisément en Grande Bretagne, l’industrie du voyage liée au capitalisme triomphant brossait déjà les grandes lignes du tourisme moderne. Et avant même que ne survienne le tourisme de masse au milieu du 20ème siècle, tous les paramètres étaient déjà appliqués et suivis: bases financières, rôle des transports, réseaux, catégorisation des clientèles, etc. Aujourd’hui, l’Allemagne où un séjour sur deux est passé à l’étranger et la Grande Bretagne contrôlent les premiers TO d’Europe et même du monde, pour ne citer que TUI, Thomas Cook, ou MY Travel. Pour l’Organisation Mondiale du Tourisme, le terme «voyageur» se réfère à toute personne voyageant entre deux endroits ou plus, et celui de «touriste» au visiteur qui passe au moins une nuit dans un établissement d’hébergement collectif ou privé. Les prix pratiqués par les professionnels obéissent à de nombreux facteurs: investissements effectués, périodes de l’année, voyages individuels ou en groupe, choix des services, taux de change, etc. Ce sont ces données qui ponctuent le quotidien du tour opérateur réceptif dans ses relations de travail avec toutes les parties prenantes de l’industrie du tourisme.

    Professionnalisme et transparence

    Comme l’explique plus en détails Jocelyn Ramanambohitra, «le TO réceptif procède à l’identification de ce qui sera le produit à commercialiser en tenant compte des tendances transmises par l’émetteur. Il travaille sur tous les paramètres pour ne citer que les vols, les hôtels, les excursions et visites, les transferts, etc, propose une cotation dans laquelle il aura déjà défini sa marge, et l’envoie à l’émetteur». Et d’ajouter : «Une proportion croissante de touristes a de moins en moins de temps tout en ayant les moyens financiers. D’où l’importance des produits qui offrent un maximum d’émotions et de découverte en un temps bien déterminé, et celle d’éviter tout couac dans un séjour planifié». Ce travail pratiquement d’interface n’est-il pas menacé par l’E-commerce qui autorise une relation directe entre le client et le prestataire? «La concurrence avec la vente en ligne est une réalité, mais fort heureusement beaucoup de touristes tiennent toujours à cette assurance- qualité qu’offre le professionnalisme des TO. En plus nous travaillons dans la visibilité totale».

    Tour Opérateur et Agence de Voyage

    Où s’arrête la solidarité corporatiste entre membres d’une association comme le TOP, et où commence la concurrence? Cette frontière en fait n’en est pas une, puisque l’objectif premier de l’association est de protéger les intérêts du secteur et ceux des membres. Et Jocelyn Ramanambohitra de prendre un exemple : «Quand j’investis pour une participation dans un Salon, il est clair que j’y suis pour ma Société. Par contre lors d’opérations de notoriété et de positionnement de la destination Madagascar en tant que telle, ou dans les relations avec les autres associations et groupements, je suis TOP à 100%».

    Une autre nuance difficilement comprise par le grand public est celle existant entre Tour Opérateur et Agence de Voyage, et ce d’autant plus que de plus en plus d’entreprises cumulent les deux activités. «Pour schématiser, le TO concocte un produit en négociant avec les prestataires, alors que l’Agent de Voyage est en quelque sorte un revendeur». Un volet important des activités des Agences de Voyage est aussi la billetterie ou «ticketing» pour laquelle les compagnies aériennes leur ont pendant longtemps octroyé une commission de 7% . Sous la pression de l’augmentation des coûts et de la concurrence des «Low Cost» les transporteurs ont fini par renoncer à cette commission, amenant les Agences à désormais pratiquer le «Service Fee», c’est-à-dire à se faire payer directement par le passager.

    Label de qualité et charte de confiance

    Dans quel état d’esprit adhère-t-on au TOP? La Charte de l’Association en pose clairement les balises : «Le TOP est une association privée indépendante, créée en 1991. Elle regroupe des Tour Opérateurs Professionnels Réceptifs de Madagascar suivant des critères rigoureux qui constituent à la fois un véritable label de qualité et une charte de confiance». Et d’ajouter : «Le TOP œuvre pour la mise en place d’une politique volontaire de développement du tourisme et pour la cohésion de l’organisation des métiers du tourisme à Madagascar». Celui qui choisit le métier de TO doit réunir un certain nombre de prédispositions notamment une bonne connaissance du terrain, un goût du risque puisque la profession est exposée aux aléas de la conjoncture, et de réels talents de négociateur. Le parcours de Jocelyn Ramanambohitra qui est le 9ème Président du TOP depuis sa création est significatif : après avoir débuté sur le tas au Madagascar Hilton comme serveur et chez Madagascar Airtours comme guide, il part à l’étranger pour étudier l’économie en Allemagne, puis le tourisme et le management en Suisse. Suivent alors différents contrats de travail entre autres chez AVIAREPS qui était alors le General Sales Agency d’Air Madagascar, ou encore EMIRATES où il devient le responsable pour la Suisse francophone basé à Genève. 2007 est l’année du grand retour, «pour mettre les acquis au service du pays»

    Les nouvelles tendances

    Le TOP qui entame 20 autres années a des idées bien précises sur l’environnement et le devenir de notre tourisme. Air Madagascar, par exemple? «C’est une véritable épine dorsale, un partenaire et un appui incontournable. Nous sommes indissociables. De notre côté également nous pouvons dire que si Air Madagascar est toujours là malgré les difficultés, c’est en partie grâce au tourisme». Les nouvelles tendances, comme les concepts de tourisme solidaire, durable, ou équitable? «Pour les longues distances, l’argument mer ne suffit plus puisqu’elle peut être trouvée plus près et pour moins cher. Ces tendances sont une véritable bénédiction pour Madagascar qui a absolument tout pour y répondre». Et le mot de la fin ? «On est encore loin de 2008 qui est l’année de référence pour notre tourisme, mais les opérateurs n’ont jamais baissé les bras. A preuve, les résultats de cette année confirment une véritable reprise, contrairement à ce que certains auraient pu craindre».

     

     

     

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