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    M. Joël Randriamandranto

    Joël Randriamandranto : « Madagascar est de nouveau prêt à accueillir les voyageurs »

    Propos recueillis par Thompson Andriamanoro | 01/10/2009

    (Mada) Notre collaborateur Thompson Andriamanoro a posé six questions à M. Joel Randriamandranto, président du conseil d’administration de l’Office National du Tourisme de Madagascar (ONTM), sur la promotion du tourisme malgache en cette période de crise politique dans la Grande Ile.

    O Mada : Pouvez-vous rappeler les principes d’une action de promotion ?

    M. Joël Randriamandranto : Les types d’actions de promotion se choisissent selon que les résultats escomptés soient immédiats, à moyen, ou à long terme. Ils doivent aussi correspondre à une catégorie de cible bien définie qui peut être le grand public, les professionnels du tourisme, ou encore les médias. On peut par exemple lancer un produit d’appel avec pour objectif de déclencher des ventes immédiates tout en captivant le grand public sur la destination pour des voyages ultérieurs.

    Dans les salons par contre, il s’agit de négocier des actions à moyen ou même à long terme. Les professionnels évaluent la destination avec ses avantages et ses inconvénients, et l’insèrent dans leurs catalogues dans des délais pouvant atteindre deux à trois ans. Avec ceux qui programment déjà la destination concernée, il s’agit d’une mise à jour et pourquoi pas de l’obtention de pages supplémentaires dans leurs brochures.

    Avec les médias enfin, on opte généralement pour des voyages de presse débouchant sur des articles dans les magazines spécialisés ou des émissions dans l’audiovisuel. Il y a beaucoup d’autres types de promotion mais le principe reste le même : à chaque action ses objectifs, et ses cibles.

    O Après la crise, sera-t-on obligé de tout reprendre à zéro ?

    Heureusement que non, puisque la destination Madagascar a quand même déjà son petit capital de notoriété. Mais le chemin sera long, car il faudra sensibiliser à nouveau les médias, les professionnels, le grand public. Le langage doit aller dans le sens d’une remise en confiance du marché. Comme quoi, Madagascar est de nouveau prêt à accueillir les voyageurs, qu’aucune infrastructure touristique n’a été touchée, et que certains ont même profité de l’arrêt forcé pour améliorer les leurs.

    O Même au cœur de la « tourmente », si nous pouvons nous exprimer ainsi, vous avez continué à être présents aux salons internationaux…

    Une crise politique, tout comme les cataclysmes naturels, n’est jamais sans fin. On se souvient qu’après le tsunami une des priorités de la Thaïlande a été de remettre à flot son tourisme. Ceci étant, il ne fallait surtout pas arrêter la promotion car dans le milieu du tourisme international la concurrence est de tous les instants et on risque d’oublier rapidement la destination. Déjà en communiquant, convaincre ne va pas de soi, alors imaginez un peu ce que cela serait dans le cas contraire ! L’offre nationale a continué à être présente dans tous les salons programmés dans le Plan d’Action 2009. Durant ces premiers mois de cette année donc nous étions au Vakantiebeurs d’Utrecht, au Fitur de Madrid, au Monde à Paris, à Indaba en Afrique du Sud ainsi qu’à ces grands classiques que sont l’ITB Berlin et le BIT Milan. Et en ce mois de septembre, vous nous retrouverez au Top Resa de Paris.

    O Quelle a été l’attitude des professionnels durant les mois de crise ?

    Ils n’ont pour ainsi dire pas mis une croix définitive sur la destination mais ont procédé à des annulations progressives. En d’autres termes il n’y a pas eu de décisions globales du genre « on annule tout pour le premier semestre ». Ils ont suivi l’actualité et effectué les annulations à 5-7 ou 5-15. Cela fait qu’une fois la crise finie et bien finie - ce que tout le monde espère- ils peuvent dans les 15 jours qui suivent envoyer leurs premiers voyageurs. Il n’y a donc pas eu refus de vendre la destination, mais tout dépendra de l’évolution de la situation sur le terrain.

    O Qu’en est-il actuellement des avis émis par certains gouvernements, déconseillant les voyages à Madagascar ?

    Leur levée est une des urgences de l’Office National. Des actions ont été menées et on peut dire que le Quai d’Orsay autorise de nouveau la venue des ressortissants français à Madagascar mais en prenant quand même certaines précautions. C’est aussi le cas de l’Italie, de l’Allemagne et je suis persuadé que la tendance sera suivie par les autres pays. Mais ces prescriptions n’ont pas empêché quelques individuels de voyager dès la mi-avril.

    O Dans quelles proportions la saison peut-elle être sauvée ?

    C’est clair qu’on a perdu une grande partie de notre marché ! Sur la Haute Saison et surtout concernant juillet et août les voyages se décident en janvier- février - mars. Parmi ceux qui ont par contre fait leur choix  avant  cette période, il y a une partie, qu’on espère non négligeable, qui a toujours gardé ses options. Et le plus tôt on relancera la Destination Madagascar, le plus rapidement on pourra avoir les retours escomptés à nos actions, et nous assurer de bons résultats pour 2010 et les années suivantes.

     

     

     

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