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    Au site de l'Arbre Sacré...

    Jacques Zeny : pour que Nosy Be ne soit pas qu’un commerce…

    par Thompson Andriamanoro | 15/10/2009

    (Mada) La facette la plus connue de l’Ile aux Parfums est celle de première destination du tourisme balnéaire de Madagascar. Mais Nosy Be n’est pas « que » cela. Berceau de la culture et des traditions Sakalava, elle possède plusieurs sites et hauts lieux qui méritent d’être mieux connus. Une tendance allant dans ce sens se confirme d’ailleurs parmi les motivations montantes du tourisme mondial au même titre que le Tourisme Vert. Responsable du Site de l’Arbre Sacré, M. Jacques Zeny en a fait son combat. Economiste et historien de l’Université d’Antananarivo, titulaire d’un diplôme de 3ème cycle en finances de l’INSCAE, il a mené une carrière de cadre supérieur dans des sociétés pétrolières avant de se tourner définitivement vers la valorisation de la Culture et la promotion du Tourisme Durable à Nosy Be. Il, ou plutôt l’île, commence à en récolter les fruits. Les visites des lieux culturels et historiques, ainsi que le désir des étrangers de mieux s’imprégner des croyances et coutumes enregistrent une hausse sensible. En quelque sorte, c’est le Nosy Be profond et authentique qui se réconcilie avec lui-même.

    Jacques Zeny aime par exemple expliquer cette véritable religion traditionnelle, très enracinée dans la région de Nosy-Be, qu’est le culte de la possession ou Tromba. Il se caractérise par une domination inexpliquée, exercée sur un être humain par des puissances occultes. Ces dernières peuvent néanmoins être exorcisées lors d’une cérémonie appelée rombo tromba durant laquelle on enchaîne d’une manière intensive chants, danses, visites de lieux sacrés et même de tombeaux royaux. Comment devient-on possédé ? La personne « choisie » bien malgré elle ne se doute encore de rien quand apparaissent les premiers signes : douleurs physiques, dérèglements psychiques, maux de tête excessifs, insomnies. Aucun médecin ne pourra la soigner. Et quand la possession est confirmée, généralement par un autre possédé, il ne reste plus à la personne qu’à accepter son état et les pouvoirs magiques, à la fois de guérisseur et d’intercesseur, qui sont désormais les siens. On retrouve généralement chez tous les « trombés » les mêmes accessoires tels une assiette d’eau remplie en permanence, de la terre blanche ou « tanimalandy », des perles multicolores, des morceaux de bois, un miroir pour scruter le passé et l’avenir. S’y ajoutent un jeu de chemises blanches, bleu marine ou rouges, une écharpe, un chapeau, et un pagne…

    L’Arbre Sacré où M. Jacques Zeny a aussi son Musée culturel et son Centre botanique est un énorme « Ficus Religiosa » d’environ 170 ans qui se ramifie sur plus de 350 m², à quelques 2,5 km de Hellville. C’est sous un tel arbre que Bouddha aurait eu une illumination divine en 528 avant Jésus Christ. Ici le blanc et le rouge, couleurs de la royauté Sakalava, dominent. Les visiteurs doivent se conformer aux restrictions rituelles dont l’interdiction de fumer, de porter des chaussures, ou d’amener avec soi des spécimens de la faune et de la flore. Le port d’un pagne est par contre obligatoire.

    D’autres hauts lieux de la tradition et de l’histoire attendent qu’on s’intéresse un peu plus à eux sur une île trop souvent assimilée exclusivement aux piscines à débordement des grands hôtels ou aux bateaux blancs des plaisanciers. Cas par exemple des Mahabo, groupes de tombes royales entourées d’un enclos s’ouvrant sur le sud-ouest. Nosy-Be en compte trois, ceux de Manongarivo abritant les restes de la Reine Binao, d’Ambalarofia où repose la Reine Tsiomeko, et de Mitsinjoarivo sur l’île de Nosy Komba dernière demeure de la Reine Zafy Mozongo. Cas aussi des vestiges de la cité fortifiée de Mahilaka au fond de la Baie d’Ampasindava, construite vers l’an 900 par des navigateurs arabes. Ou encore d’Ambanoro à 6 km à l’Est de Hellville, première véritable « ville » de Nosy-Be entièrement dédié au commerce à partir de 1500 mais dont on situe la fondation aux alentours de 1100. On y vendait des carapaces de tortue, de l’or, des épices, des esclaves. Il serait enfin bien dommage, et irrespectueux, de passer sans s’arrêter devant l’église de Hellville, la deuxième du pays à avoir été construite en dur après celle de Sainte-Marie, ou le pittoresque petit cimetière avec ses « hôtes » de marque : le lieutenant de vaisseau Pierre Jean Bart (1843), le lieutenant Cotey (1849), tué lors d’une révolte antiabolitionniste, les capitaines Lapeyre-Bellair (1852) et Chérinier (1869) commandants particuliers de Nosy-Be, sans oublier les tombes de plusieurs marins russes membres d’une escadre impériale partie de Saint Petersburg et qui fit escale à Nosy-Be de décembre 1904 à mars 1905…

     

     

     

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