A la une

  • EDITORIAUX DES JOURNAUX MALGACHES

    LA NATION

    Une simple boîte aux lettres

    Par J.Nantenaina | 08/08/2013

    On a du mal à croire. Admettre que Madagascar soit le pays le plus pauvre de la planète n’est pas toujours facile. Les estimations de la Banque Mondiale sont souvent considérées comme de simples propos pour aider les dirigeants du pays et la population à se secouer. Mais à y voir de plus près, on ne peut qu’admettre la réalité des difficultés. Une catégorie de la population vit la même situation depuis plusieurs décennies.

    Des millions de Malgaches vivent dans des habitations peu confortables. Nombreux sont ceux qui ne parviennent pas à s’habiller décemment. Il y en a ceux qui n’ont pas les possibilités de se laver quotidiennement. Et, même dans la capitale, beaucoup d’individus ne disposent même pas de latrine pour leurs besoins. Quand on constate ces différentes précarités, l’on ne peut qu’être convaincu de l’estimation de la Banque Mondiale. Sauf que sur la Grande Ile, la précarité est devenue une réalité quotidienne, à tel point qu’elle a l’air d’être « normale ». Peu de gens prennent conscience du fait que leurs conditions de vie auraient pu être différentes. Peu de Malgaches, qui sont en difficulté, sont persuadés qu’ils auraient pu améliorer leur situation, si toutes les conditions avaient été réunies au préalable. Mais ce qui est sûr est que ce n’est pas dans le contexte sociopolitique actuel que les conditions de vie des Malgaches pourront être améliorées sensiblement. Les dirigeants du pays le savent mais ils ne sont pas à même de prendre en considération cet état de fait. Le régime de Transition a, au contraire, contribué à une dégradation de la situation sociale des Malgaches. Pourtant, rien n’indique que les hommes qui prétendent encore gouverner ce pays puissent apporter une certaine amélioration à brève échéance. La situation tend plutôt à empirer. L’injection d’argent pour faire évoluer l’économie n’est pas encore au rendez-vous tant que la crise politique n’est pas entièrement résolue. Le partage équitable des richesses est également impossible puisque la corruption et les trafics en tout genre continuent de dominer le système actuel. Il est finalement plus que logique si la Grande Ile fait figure de lanterne rouge. Il n’y a pas de miracle, en effet, dans le domaine socioéconomique. Si on parvient à instaurer un climat favorable au développement, le pays se développera, mais si on n’y parvient pas, le pays ne se développera pas. Aujourd’hui, la situation politique aggrave la situation. Mais les dignitaires du régime HAT, malheureusement, ne vont pas l’admettre.

    MIDI MADAGASIKARA

    Avancer ou reculer

    Par Zo Rakotoseheno | 08/08/2013

    Didier Ratsiraka est enfin sorti de son silence. Non pas pour donner son avis sur le plan en sept points du Gic-M, sur la composition de la nouvelle Cour Electorale Spéciale ou encore sur les sanctions que rappelle la communauté internationale chaque fois qu’elle en a l’occasion mais sur l’Eid El Fitr pour souhaiter bonne fête de l’Eid à tous les musulmans. Dans un communiqué transmis à la Rédaction, l’ancien président de la République souligne que cette fête lui « offre une occasion de prier le Tout-Puissant pour qu’Il puisse redonner la justice, l’indépendance, la paix, la stabilité, le bonheur au peuple malgache. Aid Mubarak à tous les Musulmans de Madagascar ». « Aid Mubarak » Il faut savoir que l’Eid El-Fitr est une fête musulmane marquant la rupture du Ramadan, mois de jeûne et de prières pour les musulmans. On pourrait penser au plan politique qu’il s’agit d’un clin d’œil vers cette riche et puissante communauté musulmane dans la situation difficile actuelle pour venir en aide au pays. Mais on peut dire aussi que ce sont de fortes convictions religieuses qui ont animé l’Amiral. Il n’a jamais négligé ses rapports avec cette communauté musulmane toujours représentée dans les gouvernements qu’il a formés dans le temps. Mais s’il a gardé le silence depuis un moment sur l’évolution de la situation politique, l’ancien président a toujours fait peser dans ses objectifs pour sortir le pays de la crise, l’organisation du sommet des trois anciens présidents de la République et du président de la Transition par le FFKM (Conseil œcuménique des églises chrétiennes). Ce sommet est prévu par la suite s’élargir à toutes les forces vives du pays. Le FFKM l’a organisé mais l’absence d’un participant exilé en Afrique du Sud l’a fait échouer. Didier Ratsiraka figure parmi les 41 candidats dont la candidature à l’élection présidentielle a été validée par la Cour Electorale Spéciale (CES). Pour l’apaisement, son retrait de l’élection est revendiqué par la communauté internationale au même titre que ceux de Andry Rajoelina et de Lalao Ravalomanana. Aucun des trois candidats visés n’a jusqu’à présent admis le retrait de candidature. La communauté internationale mise sur la nouvelle CES pour les écarter de la course avec la publication d’une nouvelle liste de candidats. Les noms des personnalités qui composeront cette cour seront connus officiellement aujourd’hui malgré les tensions politiques et les divisions qu’elle entraîne. La situation politique à venir n’est guère rassurante. C’est là que les vœux de justice, d’indépendance, de paix, de stabilité et de bonheur au peuple malgache de l’ancien président de la République prennent tout leur sens. « Aid Mubarak ! ».

    LA GAZETTE DE LA GRANDE ILE

    C’est pour ça que j’ira là-bas

    Par Simon R.| 08/08/2013

    L’une des décisions importantes que l’on peut retenir du dernier conseil du gouvernement est l’adoption d’un projet de décret portant sur la suspension de l’envoi de travailleurs malgaches à l’étranger.

    Beaucoup d’encre a coulé et presque toute une forêt a été abattue pour pouvoir imprimer noir sur blanc, les effroyables témoignages des femmes malgaches battues, torturées voire violées par leurs patrons au Liban ou au Koweït.

    Constatant l’absence de réponses appropriées des responsables dans ces pays face à ces violations des droits fondamentaux des travailleurs migrants malgaches, le gouvernement malgache n’a pas, pour le moment, une meilleure solution que d’empêcher nos compatriotes d’y aller.

    Pourtant, l’incompréhension a vite submergé les agences de placement et les femmes de ménage malgaches à la recherche d’un monde meilleur. «Pourquoi l’Etat malgache voudrait-il empêcher les Malgaches de s’expatrier dans ces pays dits à risques alors qu’ici, on n’a rien », s’interroge une jeune fille issue d’une famille défavorisée de la capitale. Ce qui la chagrine le plus c’est qu’elle avait déjà investi le peu d’argent qu’elle dispose à des cours de langue anglaise, une des conditions sine qua non pour être embauché dans ces pays arabes. D’autant plus que le ministère de la Population et les agences de recrutement à Madagascar se seraient mis d’accord sur l’organisation d’atelier de formation destiné aux travailleurs migrants malgaches. Une occasion en or pour cette jeune fille malgache qui n’a ni diplôme ni expérience professionnelle.

    Comme elle l’a dit, elle préfère aller travailler à l’étranger après avoir pesé les avantages et les risques qu’elle encourt en restant au pays. En effet, là-bas, on risque de se faire battre, violer, mais avec un peu de chance, si l’on tombe sur un bon patron, on sera sauvé, selon toujours ses dires.

    Quelques mots qui vont faire réfléchir par deux fois les responsables concernés et qui va peut-être éclairer ceux qui se demandent pourquoi les jeunes filles malgaches se ruent vers le Liban et Koweït.

    L'EXPRESS DE MADAGASCAR

    Chefs de lésion

    Par Sylvain Ranjalahy | 08/08/2013

    C'est devenu une rite de la tête au pied du pouvoir. Depuis quatre ans l'alternance est inadmissible. Ceux qui ont eu le pouvoir par la force conçoit difficilement qu'un jour ils doivent s'en séparer d'une façon ou d'une autre.

    Le glas sonne ainsi pour des chefs de région qui ont été désignés un peu n'importe comment au début de la transition. Celui qui les avait proposés savait très bien où il allait sachant pertinement que tôt ou tard il y aura des élections et que les chefs de région constitueront des pions importants. Celui qui signait le décret de nomination ne les connaissait ni d'Eve ni d'Adam à cause de son inexpérience politique. Il était incapable de connaître le passé des personnalités qu'on lui proposait. Il a dû se contenter de l'examen du C.V pour ceux qui en avait. On sait que même des ministres ont été nommés sans avoir envoyé de C.V. Forcément il y a eu erreur de casting comme lors de la nomination du Premier ministre Monja Roindefo sur la Place du 13 Mai qui sera plus tard en contradiction totale avec son patron et qui finira par être débarqué du paquebot de la Transition tel un passager clandestin.

    Dès le départ certains choix des chefs de région avaient de quoi surprendre. Certains traînent des casseroles et se sont faits un nom dans les trafics en tous genres, d'autres ont bâti leur réputation par un lourd passé. Mais comme la première initiative prise par la Transition était d'absoudre tous les délinquats politiques, on se faisait une raison. Ce n'est que quatre ans après que la Transition réalise sa bourde après que les loups garous emmitouflés dans la fourrrure d'un agneau montrent leurs crocs acérés. Elle s'apprête a les relever de leur fonction dans l'optique de l'élection et étant donné que ces fonctionnaires indélicats, plutôt politiques que techniques, ont affiché nettement de quel bord ils se trouvent, dans quel râtelier ils mangent. La mission est donc plus difficile dans la mesure où tout limogeage sera perçu comme une attaque contre un candidat. Les limogés feront de la résistance et déplaceront le problème sur le terrain glissant de la politique ou sur le patinage ethnique.

    D'ailleurs, ils prennent modèle sur ce qui se fait au sommet de la direction de l'État. Quand le Président de la Transition refuse de démissionner comme il a été convenu dans une loi dont il a été lui-même l'un des concepteurs, quand le président du Conseil supérieur de la transition en fait autant, peut-on en vouloir à ces chefs de région de suivre leurs traces

    C'est dur de perdre un strapontin bourré d'avantages en numé­raires et en nature. On peut comprendre le combat d'arrière-garde que mènent les ex-Cst ejectés pour avoir décidé de soutenir un candidat autre que celui auquel ils doivent le boire et le manger. Mais on ne peut pas être à la fois dans et en dehors du pouvoir. Il faut faire un choix et le respecter. C'est le début de l'éthique.

    Les chefs de région menacés d'éviction brandissent le risque de perturbation du processus électoral si la Transition passe à l'acte. Un comportement lamentable mais hélas monnaie courante. Un chef d'institution remplacé avait tout emporté avec lui, tous les meubles y compris la moquette du logement administratif qui lui était attribué laissant une maison complètement nue à son successeur. Des ministres réduisent leur véhicule de service ou de fonction en pièces détachées avant de partir. De véritables chefs de lésion qui gangrènent l'admnis­tration publique et qui agissent en toute impunité.

    La pauvreté n'est pas essentiellement matérielle, elle est surtout morale et spirituelle. Parmi les quarante et un candidats à la présidentielle figurent des personnalités coupables de ce genre de frasque et qui pourraient être élues, faute de mieux. Autrement dit, la sortie de crise par l'entremise d'une élection est relative. On risque de se retrouver avec un président aussi piètre et pitre que tous ceux qu'on a eu en cinquante ans. L'élection en fin de compte, n'est qu'une façon pour la communauté internationale de se débarrasser de cette patate chaude qu'est la crise. Contraindre le retour à l'ordre constitutionnel n'offre pas la moindre garantie qu'on sortira de l'auberge de la pauvreté, de la concussion,de l'anarchie.

    LES NOUVELLES

    Les indésirables

    Par Andry Rabeson | 08/08/2013

    Avant leur départ, les médiateurs internationaux ont déclaré qu’appliquer les sanctions ne leur font pas du tout plaisir. D’ailleurs, une lueur d’espoir relative à la sortie de crise se profile à l’horizon. En fait, il s’agit de la restructuration de la Cour électorale spéciale (CES) et de la volonté des dirigeants et des politiciens d’organiser une élection cette année.

    Et cette réaction de Joachim Chissano et consorts a vraiment été une sorte de bouffée d’oxygène pour les politiques, notamment ceux qui sont ciblés par les menaces de sanctions. En fait, beaucoup ont pensé que les déclarations des Etats-Unis sur la tenue d’une élection présidentielle libre et ouverte à tout le monde ont été prises en compte par les médiateurs internationaux. La preuve, aucun des trois candidats concernés n’a changé d’avis, au contraire ils campent sur leur position tout en espérant que la donne changera en leur faveur.

    Mais depuis avant-hier, l’étau se resserre. L’Union européenne n’a pas adopté la même position que la Sadc ou le Gic-M. Pour elle, les menaces de sanctions sont réelles et irrévocables. Didier Ratsiraka, Andry Rajoelina et Lalao Ravalomanana doivent se retirer de la course présidentielle. Ils ont deux semaines pour se décider. Et s’ils persistent et signent, les sanctions ciblées seront appliquées.

    Certes, la reforme de la CES est une avancée considérable dans la résolution de la crise, mais cela ne suffit pas. En d’autres termes, le fond du problème n’est pas vraiment la restructuration de la Cour électorale spéciale, mais les trois sont des candidats indésirables pour l’Union européenne et, sous cette optique, leur cas ne mérité même d’être étudié par les magistrats et les signataires de la feuille de route. Au lieu de prendre part à la résolution de la crise par le biais d’un scrutin, ils devraient plutôt prendre la porte de sortie.

    Face à cette position inébranlable de l’UE, à coup sur, les politiques vont encore remettre sur la table la question d’ingérence. Ce, en réitérant que Madagascar est un pays indépendant et souverain et que sa crise politique reste une affaire interne qui n’a pas besoin de l’intervention de la communauté internationale.

    Supposons que l’ancienne CES avait pris la décision ferme, irrévocable et sans appel de ne pas intégrer dans la liste définitive les trois candidats contestés, sans aucun doute, ces derniers ont remué ciel et terre pour faire bloc tandis que cette cour a été félicitée par l’Union européenne. Ce cas de figure n’est pas encore à écarter.

    COURRIER DE MADAGASCAR

    Incohérents!

    Par Naisa | 08/08/2013

    Les réactions de contestation contre la révision de la liste des candidats par la Cour Electorale Spéciale (CES) font tiquer plus d’un.

    Nombreux d’entre ces opposants à la nouvelle loi n°2013-008, modifiant et complétant certaines dispositions de la loi n° 2012-014 du 30 juillet 2012 portant création d’une chambre spéciale dénommée « cour électorale spéciale » (CES) au sein de la haute cour constitutionnelle, sont concernés par la nomination des membres qui vont la constituer.

    L’on se demande ainsi la raison qui les a poussés à suivre le processus qu’ils n’acceptent pas, c'est-à-dire, à proposer leurs représentants dans Cette cour qu’ils désavouent pourtant.

    De plus, l’objectif de cette restructuration est la mise en place d’une nouvelle liste de candidats à la présidentielle étant donné que la précédente décision sur ce sujet pris par l’ancienne cour est jugée non-conforme à la loi en vigueur.

    De ce fait, l’argument de ceux qui s’opposent à la révision de la liste des candidats relève du non-sens car cela légitime la décision de l’ancienne CES, une juridiction qu’ils ont, eux-mêmes, pointé du doigt.

    Outre cela, le processus de mise en place de cette CES nouvelle version n’aurait pu être effectif sans leur adhésion, notamment dans la proposition du projet de loi par le gouvernement dont ils font partie, ainsi que par son adoption via le parlement où ils ont également des membres. Pourquoi alors se porter contre cet assainissement de la liste des candidats alors qu’ils savaient pertinemment que c’est l’objectif premier de cette CES nouvelle version.

    A bout d’argument

    Et face à l’avancée du processus, vu que, la constitution des membres est presque terminée, ces opposants semblent être à bout d’arguments. En effet, ils n’ont trouvé que la menace de leur remplacement pour faire pression auprès de leurs représentants, afin que ces derniers n’adoptent pas la révision de la liste des candidats.

    Pourtant, la loi n°2013-008, modifiant et complétant certaines dispositions de la loi n° 2012-014 du 30 juillet 2012 portant création de la CES ne fait nullement mention de cette hypothèse.

    Ainsi, ils n’auront que deux possibilités : soit de laisser leurs représentants continuer la route comme membres à part entière de la CES, soit les retirer, laissant le champ libre à la révision de la liste des candidats.

    Ma-LAZA

    Une cour électorale très spéciale

    Par Ma-laza | 08/08/2013

    La liste des membres de la nouvelle CES sera connue vendredi et elle sera validée en Conseil des ministres. Une des exigences de la Communauté Internationale est effective. C’est le contenant, il reste le… contenu. Le travail de cette Cour très spéciale, tiens, on devrait la débaptiser CETS ou Cour Electorale Très Spéciale, consiste à revoir les dossiers de candidature et à publier une nouvelle liste.

    Politiquement, Didier Ratsiraka, Lalao Ravalomanana, Andry Rajoelina ne retireraient pas d’eux-mêmes leur candidature. Le code électoral ne le permet pas du reste. La nouvelle CES en endossera la responsabilité. Un rapport de forces est attendu au sein de cette Cour. La politique y est entrée de manière officielle. Mais il est question de lois et dans un pays qui aspire à un Etat de droit, il faudrait appliquer stricto sensu les règles en vigueur. Sans états d’âme. L’ancienne CES avait estimé que son rôle était de penser à l’après-élections et de garantir l’apaisement en associant personnellement les principaux protagonistes. Cela avait soulevé un tollé, surtout au niveau de la Communauté Internationale.

    Le débat est l’après les élections. Qui de ces candidats, incriminés ou non, peut susciter le rassemblement et le consensus après les joutes électorales? Apparemment, beaucoup d’entre eux ne peuvent prétendre endosser le statut de favori pouvant être le rassembleur. La Communauté Internationale et une grande partie de l’opinion, elles, veulent justement et dépassionner et dépersonnaliser l’après-élections.

     

     

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