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EDITORIAUX DES JOURNAUX MALGACHES
LA NATION
Argent facile et Transition
Par J.Nantenaina | 22/05/2013
C’est curieux de voir toutes ces formes d’arnaque pour se faire de l’argent facile. On aura tout vu durant cette transition, version Andry Nirina Rajoelina. Des militaires qui tentent de récupérer la somme de 100 milliards de francs à la Banque Centrale avec des faux chèques de trésor, on n’en a jamais vu. C’est que beaucoup de gens malintentionnés avaient obtenu de l’argent de manière injustifiée au cours des dernières années.
La Transition et l’argent facile étaient devenus inséparables. Et dans le même temps, la situation politique et économique du pays s’enlise. Il n’y a plus rien à espérer avec ce régime transitoire. La tentative d’extorsion de fonds à la Banque Centrale constitue un signe supplémentaire de véritable décadence. C’est dans une République bananière que ce genre d’événement peut survenir. Il faut se rappeler également que jamais le trafic de bois de rose n’a connu son ampleur actuelle. C’est aussi un moyen de se faire de l’argent facile. De nombreux responsables civils et militaires issus du régime de Transition sont impliqués dans ce trafic qui provoque d’importants dégâts environnementaux. Des milliers de conteneurs de bois de rose ont été exportés illégalement en quelques années. C’est une catastrophe écologique. Mais les dirigeants de la Transition s’en moquent. Léguer les richesses naturelles de la Grande Ile aux futures générations n’est pas la véritable priorité des hommes qui prétendent encore, actuellement, gouverner le pays. Quand on constate en effet la situation qui prévaut, on se demande si Madagascar compte encore des véritables gouvernants. La Grande Ile est devenue un pays sans foi ni loi. Mais la véritable catastrophe est que les dirigeants ne veulent rien savoir. L’intention d’Andry Nirina Rajoelina est de pouvoir continuer à diriger le pays. D’autant que la chance de maintenir le calendrier électoral s’amenuise de jour en jour. Ce qui signifie que Rajoelina peut trouver facilement le meilleur prétexte de ne pas démissionner le 24 mai. En restant plus longtemps au pouvoir, le leader du Troop Guns Val et ses amis ont encore plus de chance de se faire de l’argent facile. D’autres militaires iront sans doute tenter de récupérer des milliards auprès de la Banque Centrale. L’essentiel est de disposer d’un maximum de liquidités pour pouvoir préparer un avenir politique meilleur et un avenir économique sécurisant pour ses enfants. Mais il est temps pour tout un chacun de se rappeler que l’argent facile n’est pas la meilleure solution, car, comme on dit, les biens mal acquis ne profitent jamais.
MIDI MADAGASIKARA
Ambiance de capharnaüm
Par Zo Rakotoseheno | 22/05/2013
« On vit une histoire de fous !» lâche un anonyme commun des mortels. Et pour cause, on se sert des lois en fonction de ses intérêts. On les respecte quand elles sont favorables, on les foule aux pieds quand elles ne le sont pas. Concrètement, en regardant autour de soi, ne sont-ils tous au-dessus des lois ? Des institutions aux individus, on triche. Les arbitres nationaux et internationaux ne sont pas à l’abri. Ils sont les premiers modèles. La grave question se pose aujourd’hui avec acuité. Qui a raison dans la cacophonie et qui suivre ? Est-ce ceux qui estiment que même si les conditions de l’élection ne sont pas remplies, il faut la tenir pour démontrer l’existence d’une volonté nationale de tendre vers la démocratie et le retour à l’ordre constitutionnel ? Est-ce ceux qui ne reconnaissent aucun acquis positif dans le processus de sortie de crise appliqué actuellement et défendent grandement des idées d’alternative?
Dans cette atmosphère qui nourrit le doute et l’incertitude, les menaces pleuvent. La communauté internationale agite la suspension des financements comme une épée de Damoclès. Elle «exige» que trois candidats retirent leur candidature à la présidentielle pour « éviter les troubles». La Cour électorale spéciale qui possède les pleins pouvoirs sur les candidatures a pourtant accepté les trois candidatures pointées du doigt par la communauté internationale. Mais pourquoi ces trois candidats seulement s’interroge-t-on dans le public ? La communauté internationale a oublié et n’a pas mis dans le même panier tous ceux que l’Union africaine a sanctionnés pour avoir trempé dans le putsch de 2009, et qui ont accédé au pouvoir d’une manière anti-constitutionnelle. Quelques candidats font partie de ce lot de sanctionnés. Leurs candidatures ont aussi été validées par la CES. C’est sans doute l’une des raisons majeures que les trois candidats ciblés par la communauté internationale retiennent pour ne pas envisager de se retirer. Faut-il aujourd’hui se rendre à l’évidence que les dés soient pipés ? Qu’il devienne plus important de revoir toutes les failles et toutes les lacunes à combler pour ne pas tenir un simulacre d’élection, mais une élection démocratique digne de ce nom. Il est certain que les Malgaches en ont ras-le-bol de quatre ans de Transition qui a accru la pauvreté. Mais ils n’accepteront pas forcément les résultats d’une élection où ils ne sont pas les maîtres des règles du jeu. Chaque candidat à la présidentielle est un cas particulier. Dans les circonstances actuelles toute éviction d’un candidat doit être motivée et défendue avec des arguments convaincants. Pour beaucoup d’observateurs, les risques encourus seraient plus dangereux à travers leur empêchement à concourir que par leur maintien. Une chose est sûre, la Feuille de route est à améliorer car le capharnaüm actuel vient en partie de ses profondes insuffisances.
LA GAZETTE DE LA GRANDE ILE
C’est quoi un patriote?
Par Anaïs T. | 22/05/2013
Quand les parents ont à répondre aux sempiternelles questions des enfants, telles que « ça veut dire quoi ce mot ? », de deux choses l’une, soit les parents leur disent de regarder le dictionnaire s’ils ont l’âge de consulter le dictionnaire, soit les parents expliquent tout de suite le mot et donnent des exemples. Ainsi, face à un enfant qui va demander ce que ça signifie le mot « prestidigitateur », le parent lui dira c’est un magicien. Face à un enfant qui veut savoir le sens du mot « naine », le parent lui dira c’est comme Mimie Mathy ou l’un des acteurs des films malgaches selon les références.
Les mots qu’ils ne connaissent pas viennent à la bouche des enfants parce qu’ils les voient dans les livres, ils les entendent à la radio ou à la télévision. En ce moment, les enfants malgaches ont de fortes chances d’entendre à répétition les mots « élections », « souveraineté nationale », « ingérence », « patriotisme ». A un enfant qui demandera à ses parents ce que signifient tous ces mots, les parents lui diront de regarder le dictionnaire pour le mot « élections » et tenteront pour le reste d’expliquer l’inexplicable, tenteront d’expliquer des situations sur lesquelles ils ont du mal eux-mêmes à donner des qualificatifs, des concepts tellement galvaudés qu’ils ont perdu tout leur sens.
Il est difficile d’expliquer aujourd’hui à des enfants ce qu’est la souveraineté nationale quand pour retourner dans les bonnes grâces des autres nations, la pays doit organiser des élections qu’il est incapable de faire sans les financements extérieurs. Il est difficile d’expliquer aux enfants ce qu’est l’ingérence quand tout en demandant l’argent des étrangers on leur fait des reproches quant aux conditions qu’ils posent pour financer nos élections. Par contre, il ne sera pas difficile aux parents de faire une démonstration par l’absurde de ce que n’est pas un patriote. Un père ou une mère dira « mon fils, ma fille je ne vais pas te donner une définition des patriotes mais je peux te dire que Ratsiraka, Ravalomanana et Rajoelina ne le sont pas. Je ne vais pas te donner une définition des patriotes mais je peux te dire ce que sont des égocentriques : Ratsiraka, Ravalomanana et Rajoelina le sont. Je ne vais pas te donner une définition des patriotes mais je peux te donner les prototypes de ce que sont des insensés, pour ne pas utiliser d’autres termes : eux le sont. Je ne vais pas te donner une définition du patriote mais je cherche un qualificatif pour désigner ces trois personnes qui de par leur ego surdimensionné, de par leur mégalomanie, de par leur ineptie, de par leur égoïsme prennent en otage la vie de 20 millions de leurs concitoyens… Au point de pousser un bon nombre à quitter son pays, à quitter sa patrie ». Et avant que l’enfant ne demande ce qu’est une « ineptie », le père ou la mère se mettra le film « The Patriot, Les Chemins de la liberté », ou lui mettra le film si l’enfant a l’âge de regarder ce film, et ensemble peut-être qu’ils découvriront ce qu’est un patriote et ce qu’est le patriotisme et sauront que Ratsiraka, Ravalomanana et Rajoelina sont aux antipodes du patriote.
L'EXPRESS DE MADAGASCAR
Mourir pour des idées
Par Nasolo-Valiavo Andriamihaja | 22/05/2013Le 19 avril 1993, dans une ferme du Waco, en Oklahoma, 82 morts de la secte des davidiens mouraient collectivement, et parmi eux 21 enfants. Deux ans plus tard, un attentat était commis contre un bâtiment du gouvernement fédéral américain dans la ville d’Oklahoma City, pour protester contre la « tuerie de Waco » prétendit son auteur, condamné à mort depuis. L’Oklahoma fait partie de ces États de la « ceinture biblique » (Bible Belt), générique qui désigne, depuis les années 1920, une vingtaine d’États fortement religieux du Centre-Sud et du Sud-Est des États-Unis. Ces raccourcis étaient tout ce qu’un Malgache moyen pouvait retenir immédiatement d’un lointain État fédéré d’Amérique. Depuis ce 20 mai 2013, c’est de la compassion pure que je ressens au spectacle de cette tornade qui a ravagé la municipalité de Moore, dans les environs d’Oklahoma City. Bien que finalement révisé à la hausse, le bilan n’en demeure pas moins dramatique, surtout avec la mort de plusieurs enfants dans leurs salles de classe, à l’école qui devait leur être un sanctuaire sécurisé. Et c’est là qu’on en apprend un peu plus sur le mécanisme de ces « monstres » que des documentaires nous montrent plus souvent sous leur côté extrêmement spectaculaire que sous leur angle dramatiquement dévastateur. Dans ces grandes plaines des États-Unis, que les habitants, sans doute las d’en subir près de 1300 par an, appellent « allée des tornades », les masses d’air chaud et froid sont appelées régulièrement, j’allais dire naturellement, à se rencontrer en tire-bouchonnant mortellement sur elles-mêmes. Vient alors une question, tellement bête, et sans doute un peu déplacée : s’il est vrai qu’il ne se forme pas davantage de tornades d’une année à l’autre, et que c’est l’urbanisation croissante qui amène les communautés humaines à croiser de plus en plus la route immuable des tornades, pourquoi les adultes s’obstinent-ils à s’établir dans ces plaines quitte à voir mourir des enfants qui, sans aucun doute, ne comprennent absolument pas qu’on puisse mourir pour une idée aussi farfelue Et question subsidiaire : avant que l’arrivée des Européens ne les chassent des treize colonies de la Côte Est des Etats-Unis, les Amérindiens avaient-ils eu l’imprudence de vivre sur l’allée des tornades en1700
Mourir pour des idées. C’est ce qu’aurait fait un sympathisant de l’Extrême-droite qui s’est suicidé dans la cathédrale Notre-Dame de Paris (France). « Des gestes nouveaux pour ébranler les somnolences » aurait-il écrit sur son blog, la veille de passer à l’acte. Opposant résolu au mariage homosexuel, dont la loi dédiée vient d’être promulguée par le président français, Dominique Venner, 78 ans, essayiste et historien, n’était pas la caricature de la brute écervelée qu’on donne généralement des membres de l’Extrême-droite. « C’est ici et maintenant que se joue notre destin jusqu’à la dernière seconde. Et cette seconde a autant d’importance que le reste d’une vie », avait-il posté. D’un choix fondamental de société, officialiser ou non l’homosexualité, le président français aura sans doute commis l’erreur de confondre le vote en sa faveur, certes, sur la base d’un programme politique, comme une habilitation à appliquer absolument chaque terme dudit programme sans une véritable consultation populaire sur une question bien précise. S’immoler par le feu en signe de protestation est un geste qu’on avait plus l’habitude de rencontrer chez des manifestants bouddhistes, stoïques au milieu des flammes qui commencent à les lécher. Mourir pour une idée : le concept mérite respect dès qu’on a dépassé le scepticisme qu’on oppose généralement aux sacrifiés de la première heure des révolutions en panne de martyrs. C’est un autre président français, également socialiste, qui avait dit qu’en politique, l’essentiel est de rester dans le jeu. Question subsidiaire : à part Jésus, quel autre mort volontaire sera resté dans le jeu
COURRIER DE MADAGASCAR
Vive l’unilatéralisme!
Par Naisa / N. Randria | 22/05/2013Si les appels de la communauté internationale pour le retrait des « 3 » candidats à l’élection présidentielle n’ont pas eu l’effet escompté, c’est au tour de la partie malgache de prendre le relais.
En effet, ce jour, la FFM et les forces de l’ordre invitent, pour ne pas dire « convoquent », Andry Rajoelina, Didier Ratsiraka et Lalao Ravalomanana à la réunion qu’ils organisent au Carlton, à Anosy. Une réunion qui va réserver son lot de surprises étant donné que la partie politique, source de blocage, ainsi la partie technique, à savoir la Ceni-t, seront présentes pour mettre à plat les divergences. Toutefois, il faut s’attendre aussi à ce que la réunion se termine sans décision majeure. Une éventualité à écarter pourtant eu égard à l’urgence de trouver une issue positive.
Quoi qu’il en soit, dirigée par des hommes en treillis, cette réunion rappelle une histoire durant laquelle, les forces armées ont sommé les politiques de trouver une issue immédiate et consensuelle à une crise. Une réunion dont le résultat, dénommé la Convention du 31 octobre, a été favorable pour la Nation.
Pour cette réunion, le même scénario serait la bienvenue, sauf si « les problèmes de ce pays » que sont ces trois candidats poursuivent leurs entêtements de jusqu’au-boutiste au détriment de l’intérêt général en vue d’un apaisement. Dans ce cas, le pays s’engage vers une autre forme d’unilatéralisme, vers des élections voulues par les seuls Malgaches mais qui ne seront pas reconnues par la communauté internationale. Et ironie du sort – ou de l’histoire- les plus prompts à taxer autrui d’unilatéralisme, notamment les mouvances d’opposition, seront également de la partie pour cette fois avec leur entêtement à rester dans la course. Des spécialistes des relations internationales avancent toutefois que la communauté internationale, malgré sa condamnation actuelle, ne pourra que reconnaître le résultat de ces élections, du moment qu’elles se déroulent librement et en toute transparence.
En somme, l’unilatéralisme pourrait alors être de bon aloi, selon le côté où l’on se met, mais surtout selon l’objectif que l’on veut atteindre !
LES NOUVELLES
Des intellectuels faussaires
Par Tsiry A. | 22/05/2013En lisant un essai de Pascal Boniface sur les intellectuels faussaires, un lecteur malgache sera tenté de faire le parallèle avec l’actualité de la Grande île de ces derniers temps. L’auteur définit ces personnalités comme les maîtres incontestés de la manipulation des esprits à travers les médias, déguisés sous les traits d’intellectuels et de chercheurs.
Souvent, ces personnalités n’hésitent pas à déformer la vérité pour parvenir à leurs fins, à adopter des thèses qui sont dans l’air du temps et qui permettent de booster leurs carrières, voire à changer de discours dès lors qu’elles ne leur sont plus utiles.
A la veille du début de la campagne électorale, en effet, une partie de la classe politique et des intellectuels qui les soutiennent font toute une montagne sur le dysfonctionnement de l’Administration. L’incapacité des principaux chefs des institutions de la Transition à coopérer et à cohabiter devient subitement un prétexte pour ne pas aller aux élections. Pourtant, cela ne date pas d’hier mais curieusement, elle a pris une proportion croissante depuis le 3 mai dernier.
Dès le début de la Transition, en 2009, avec ses composants dont les arrière-pensées ne faisaient aucun doute, du moins par les plus avertis, la paralysie existait déjà à la tête de l’Etat. Depuis Maputo, chaque membre du gouvernement a déjà son supérieur à qui il rend des comptes sans forcément passer par le premier ministre d’hier et d’aujourd’hui. Les Malgaches n’ont pas la culture de la cohabitation. Cela se voit à travers l’histoire du pays après son indépendance. C’est d’ailleurs pour cette raison que la marche vers les consultations populaires est plus que jamais évidente.
Quant à la responsabilité de la communauté internationale, il appartient à chacun d’en juger selon ses appréciations. Cependant, il faut reconnaître que les consultations électorales de ces cinquante dernières années n’ont pas brillé par leur transparence, encore moins par leur crédibilité. Sinon le pays n’en serait pas là où il est actuellement. Dire que Madagascar n’a nullement besoin des partenaires internationaux c’est vite aller en besogne. Le slogan de l’amiral Rouge à son retour en 1996, avec sa fameuse République humaniste et écologique, n’était pas destiné à la population malgache mais à l’opinion internationale. Si la Grande île a encore besoin de ses partenaires c‘est par turpitude de ses propres dirigeants.
En d‘autres termes, ces figures médiatiques de premier plan, souvent invitées à s’exprimer sur les plateaux de télévision et dans les colonnes des journaux, qui ne cessent de défendre leurs intérêts au détriment de ceux du public pour déformer la réalité, doivent arrêter leurs magouilles. Nous ne sommes plus au XIIe siècle et Madagascar, quoiqu’une île, appartient au village planétaire.
Ma-LAZA
Débrouillons-nous…
Par Ma-laza | 22/05/2013Le voyage de Mme Béatrice Atallah à l’extérieur est significatif : le processus électoral ne marche plus comme il faut. Le chronogramme de travail, purement, technique est retardé. Ne serait-ce qu’au niveau de l’impression du bulletin unique. La Communauté Internationale, principal bailleur, ne veut ni de Rajoelina ni de Mme Lalao Ravalomanana, encore moins de Didier Ratsiraka comme candidats. Pourquoi les États-Unis d’abord. Parce que les États-Unis pèsent de tout leur poids sur le processus, même s’ils ne sont pas concernés par les élections à Madagascar. Washington a fait savoir, cependant, qu’il enverrait des observateurs. L’Amérique a toujours adopté une position claire : elle est contre Andry Rajoelina estimant qu’il a accédé au pouvoir par un putsch. Washington n’a pas oublié l’incident diplomatique survenu à Antanimena et le coup fourré qui s’en est suivi. Son ambassadeur de l’époque avait été, un des principaux diplomates, médiateurs de la fameuse lettre de renoncement de Marc Ravalomanana qui a donné les pleins pouvoirs à l’Armée. Le coup fourré était la suite : les généraux les avaient aussitôt transmis à Andry Rajoelina.
Depuis, les relations entre les États-Unis et le régime d’Andry Rajoelina n’ont jamais été au beau fixe. Bien au contraire. C’est la France qui l’a soutenu en 2009. Mais actuellement, Paris prend ses distances. Si Paris n’a pas lâché complètement Andry Rajoelina, c’est à cause de Marc Ravalomanana. Jusqu’ici le PHAT est le seul, apparemment, capable de tenir loin l’ancien chef d’État qui vit en exil en Afrique du Sud. Et dans le lot, selon les observateurs, la France n’arrive pas encore à identifier celui ou celle qui saura l’être.
La Communauté Internationale a parlé comme un seul homme : non à la candidature de Rajoelina, de Mme Lalao Ravalomanana et de Didier Ratsiraka qui, mine de rien, engrange des points.
La majorité des analystes est sceptique quant aux chances de réussite du Président de la CENIT : la Communauté Internationale refusera tout scénario qui la discrédite et toute situation qui remet en cause des conventions internationales. Cela obligera les Malgaches à trouver en eux un bon arrangement qu’un mauvais procès.
Penser organiser des élections (comme pour le référendum de 2010) de nous-mêmes et par nous-mêmes dans les conditions actuelles (CES svp !) est aventureuse, suicidaire. Ces élections ne seront jamais reconnues par la Communauté Internationale. Cela veut dire que les dirigeants ne changeront pas. Rien ne changera. Ou si. Mais ce changement ne sera que de façade et un tel scénario n’arrangerait que ceux qui ont profité de la Transition et qui, aujourd’hui, font tout pour que les choses ne s’arrangent jamais. Suivez mon regard…



